Même si l'on a parfois exagéré leur rapprochement stylistique, les Quatuors à cordes de Debussy (1892) et Ravel (1903) cultivent quelques similitudes : ce sont les premières contributions marquantes de ces deux compositeurs à leur catalogue de musique de chambre, et c'est un genre auquel ils ne s'essayèrent qu'une seule fois.
S'y révèle un goût commun pour la transparence, une attention aux timbres instrumentaux, et une sensualité parfois lascive, plus impressionniste chez l'un, plus extravertie chez l'autre.
Ces deux oeuvres se trouvent souvent couplées au sein d'une discographie où le Quartetto Italiano s'impose toujours comme un choix d'évidence depuis plus de quarante ans.
Moins amère que celle du Budapest String Quartet (CBS), plus filée que celle des Talich (Calliope), mieux enregistrée que les historiques Capet (réédité chez Opus Kura), l'approche des quatre archets latins concilie la virtuosité et le lyrisme (la douceur nacrée du récitatif d'alto tissé par Piero Farulli dans l'Andantino !), la clarté et le moelleux, le dosage des voix intermédiaires et la spontanéité de la respiration d'ensemble.
Raffinement, sensibilité et précision : où la quadrature interprétative de ces partitions s'illustre-t-elle mieux que dans les pizzicati du « très rythmé » tel que le pincent les Italiano ?
Voilà ce que l'on appelle une version de référence, et un achat prioritaire pour qui veut découvrir ces deux oeuvres.