Lorsque paraît ce disque, les Deep Purple sont au creux de la vague. Un début de carrière sans intérêt, des changements de personnel, une atroce tentative de fusion rock / musique symphonique (« Concerto for group and orchestra ») ; bref ils n’intéressent personne.
Et contre toute attente, ils vont sortir un des disques les plus importants de toute l’histoire du rock, un disque qui à lui seul invente et définit un genre (en l’occurrence le hard-rock), tant musicalement qu’esthétiquement (tout les clichés qui vont avec la musique : look crasseux, cheveux longs, bière, gonzesses faciles, …). Les disques qui ont réussi cette performance se comptent sur les doigts d’une main (« Nevermind the bollocks » des Pistols pour le punk, « Nevermind » de Nirvana pour le grunge, « Catch a fire » de Marley pour le reggae).
On trouve dans « In rock » une agressivité, une sauvagerie, une violence, une rage que Deep Purple ne retrouvera plus. Tout ce que le hard-rock a développé depuis plus de trente ans est là : la virtuosité instrumentale (les solos de guitare, d’orgue, de batterie et leurs mélanges), le guitar-hero (le ténébreux Ritchie Blackmore), le chanteur – hurleur (Ian Gillan), … Le tout au service d’une musique novatrice (on trouvait dans celle de Led Zeppelin l’autre pilier du genre des racines bluesy et rock’n’roll), sans référence au passé : tout est ici inouï, au sens littéral du terme.
Parmi tous les morceaux dont aucun n’est à jeter se détache l’épique « Child in time », porté par une performance vocale exceptionnelle de Gillan.