Dès l'introduction et ses claviers aux couleurs balinaises (hommage probable au premier album de Jaco Pastorius), on perçoit la dimension pluriculturelle défendue par le combo Mint Condition. Funk, R'n B et jazz sont autant d'empreintes sonores qu'il est bon de confronter et d'explorer.
Immédiatement après, « Change your mind » installe un hip-hop décapant et de bon augure.
Ceci dit, tout n'a pas extrêmement bien vieilli, dans cet opus paru en 1996 chez Perspective Records, en particulier les ballades, teintées de soul et de gospel (« You don't have to hurt no more », « What kind of man would I be »...).
La faute, entre autres, au son et au mixage très typés années 90.
Il serait dommage cependant de passer à côté de Definition of a Band, qui recèle de belles pièces, grooves plaisants (« Let me be the one », « Ain't hookin me enough », « I Want it again », « Raise up »...) qui flirtent parfois avec une mixité funk-rock audacieuse, comme dans le fébrile « Sometimes ».
On sent bien sûr, en guise d'inspiration principale, la figure tutélaire de Prince (excès inclus !), ce qui étonne encore moins quand on s'aperçoit que le disque a été produit par le duo Terry Lewis/Jimmy Jam, anciens membres de The Time, proches du nain pourpre et de la galaxie musicale de Minneapolis...
Quoi qu'il en soit, le batteur (et chanteur principal) Stokley Williams impose une présence riche et attachante, surtout dans les morceaux les plus toniques, qui permettent d'apprécier les nombreuses qualités de ce combo réjouissant.