Frederick Delius (1862-1934), "Florida Suite", "Over the Hills and Far Away", "Idylle Printemps", etc., English Northern Philharmonic, David Lloyd-Jones, 1 CD Naxos 1996, notice en anglais, allemand et français.
Né en 1862 à Bradford, Frederick Delius, qu'on a appelé le "Debussy anglais", à tort car son style s'inspire davantage de ceux de Grieg et de Vaughan-Williams que de celui de "Claude de France", était le fils d'un industriel d'origine allemande qui espérait bien que son fils lui succéderait à la tête de l'entreprise. Mais à 22 ans, "Fritz" Delius, assoiffé de liberté, convainquit son père de lui prêter de quoi acheter une plantation d'orangers en Floride. L'histoire ne dit pas si la culture fut très productive, mais il revint de cette région qui était encore à la fin du XIX° siècle en grande partie marécageuse et peuplée d'une faune et d'une flore luxuriantes, avec les éléments d'un poème symphonique en quatre tableaux (Aube, Près de la rivière, Crépuscule, A la nuit) qu'il composa pendant les dix-huit mois passées au conservatoire de Leipzig, ville dans laquelle la "Florida Suite" fut créée en 1887 sous le titre de "Scènes tropicales pour orchestre".
Cette composition d'une légèreté et d'une fraîcheur paradisiaques, délicieusement mélodique, mais sans mièvrerie, incorporant des chants de plantation des noirs américains, fait penser, comme les cinq autres oeuvres qui complètent cet enregistrement, que Frederick Delius pourrait être à la musique ce que Raoul Dufy est à la peinture, un musicien paysagiste dont l'originalité, l'audace même, est de réinventer l'évidence, sa poésie, la candeur du bel azur, du drapeau qui flotte au vent, de la chaleur d'un jour d'été... sans autre prétention que de faire du beau avec du vrai.