Quatrième de couverture
Charcot n'a pas seulement ouvert la voie à la psychanalyse freudienne par le biais de l'hypnose et de la clinique. Il a aussi interprété des tableaux, élaboré une esthétique.
"Les Démoniaques dans l'art", publié en 1887 - jamais réédité, introuvable aujourd'hui - constitue le tout premier ouvrage où l'histoire de l'art a été scrutée par l'oeil d'un médecin des névroses. C'est dans les grandes scènes de possessions démoniaques et de guérisons miraculeuses - peintes par Andrea del Sarto, Raphaël, Rubens et bien d'autres - que Charcot a retrouvé la forme même de l'hystérie, quelquefois dans sa plus fine précision clinique.
Mais à travers ce regard nouveau porté sur les images, Charcot propose en même temps une interprétation pathologique des phénomènes de la possession, de l'extase, du miracle. "La foi qui guérit" (1892), considéré comme le "testament philosophique" de Charcot, esquisse une véritable théorie du miracle thérapeutique - question qui n'a rien perdu de son actualité, tant dans la sphère religieuse que dans la sphère médicale.
Ces deux textes marquants sont ici présentés par Pierre Fédida (membre de l'Association psychanalytique de France, professeur de psychopathologie clinique à l'université de Paris VII), confrontant Charcot à Esquirol et à Freud. Un essai et un matériel documentaire réunis par Georges Didi-Huberman (historien de l'art et philosophe, membre de l'Académie de France à Rome) permettront de situer l'apport de Charcot dans une histoire où théologie - la notion de miracle et celle de démoniaque - médecine et esthétique n'ont cessé de débattre et de se recroiser. --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.