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Ça a débuté comme ça, le 5 mai 1970. Avec cette photographie prise à Plonéour-Lanvern de ce paysage urbain traversé par un bus et un distributeur de tout et de rien, échoué par hasard devant une maison. Cela s'est poursuivi très vite par des images de Françoise, compagne du photographe, dès juillet 1971 à Salers, jusqu'en avril 2000, dans une chambre d'hôtel à Palmyre en Syrie. Portraits, autoportraits à travers le monde, tantôt rapprochés, tantôt masqués, voilés, qui semblent parfois s'effacer, fuir, vouloir se glisser hors du cadre. Commenté par Gilles Mora, Denis Roche, les preuves du temps est d'abord un jeu photographique entre le photographe (et écrivain) et son modèle. C'est aussi tout un parcours intime, propre à l'autobiographie, révélateur de constance, d'obsessions sans doute, de fidélité, qui se veut une évocation du temps qui passe, qui fait et défait, apporte ses preuves à coups d'épreuves. Un travail évident sur le temps. Certes. Mais la manière n'en révèle pas moins une certaine complaisance. Un piège dans lequel il n'aurait pas fallu tomber. --Céline Darner
Présentation de l'éditeur
Depuis une vingtaine d'années, l'écrivain Denis Roche poursuit une activité photographique autour des notions d'autoportrait et de figures temporelles. Son oeuvre s'est construite dans une double réflexion : sur la forme et sur la mort. À l'occasion de la grande rétrospective que lui consacre le musée Niepce (Chalon-sur-Saône) et la Maison européenne de la Photographie (Paris), Gilles Mora réalise la monographie accompagnant cette manifestation . Construite autour de la notion de chronologie, précédée d'un long texte introductif et complétée d'un appareil bibliographique, Denis Roche, les preuves du temps met pour la première fois en perspective une activité photographique majeure de la scène artistique française contemporaine.
Gilles Mora : directeur de la collection « L'Oeuvre photographique », il est l'auteur, dans cette collection, des monographies de Walker Evans, Edward Weston et Eugene Smith.