En principe, ce que nous appelons le Moi renvoie à deux distinctions peut-être en partie construites par la culture. La première est celle qui pose un non-Moi, un monde extérieur au Moi, distinction catégoriale implicite et évidente car il est rare que nous formulions des pensées telle que : Ce chien n'est pas moi. La seconde est celle par laquelle nous nous posons comme la source distincte de nos pensées et de nos actes, cette source étant une personne précise se distinguant des autres personnes. Où se situe l'hypothétique limite entre la construction culturelle et le fondement cognitif naturel de notre contenu Moi ? Le Je est-il immunisé contre les erreurs d'identification ? Existe-t-il une attribution égologique normalerésultat d'un mécanisme cognitif purement naturel ? Tel est le sujet des réflexions croisées de ces deux philosophes.