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« Il y a ce que sont les gens et ce que l'on dit d'eux. », 13 août 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Derniers remords avant l'oubli (Broché)
Hélène, Paul, leur époux et épouse respectifs, Antoine et Anne, ainsi que Lise, fille d'Hélène et Antoine, âgée de dix-sept ans, se retrouvent chez Pierre, un ami de longue date. Au terme des présentations, le dialogue apporte un éclairage sur l'histoire d'amitié qui lie Hélène, Paul et Pierre et sur les intentions qui ont occasionné la rencontre. En effet, sous le couvert de simples retrouvailles se devant d'être en toute logique le motif de célébration du bon temps de la camaraderie, des amours anciennes qui les unissaient alors tous les trois comme à nouveau aujourd'hui dans la même demeure, que Pierre est désormais seul à habiter, Hélène et Paul qui en partagent encore avec ce dernier l'usufruit semblent s'être annoncés inopinément afin d'en venir presque aussitôt au fait : leur volonté de vendre la maison. Dès lors, la situation s'envenime et le propos devient l'objet d'un dialogue de sourds, Pierre, sans mettre directement son veto à pareille décision, faisant preuve d'une attitude tellement indifférente qu'elle tend à le victimiser aux yeux des autres et sème la zizanie : « - Qu'est-ce que tu dis là, qu'est-ce que tu as dit, tu parles de moi comme si j'étais malade !... » Jean-Luc Lagarce, au demeurant, réalise avec cette oeuvre un projet d'écriture qui met en exergue le rôle déterminant du non-dit dans la dynamique d'une action reposant de manière paradoxale sur la primauté de l'échange de paroles entre les personnages. De fait, il apparaît comme le dénominateur des intentions vénales d'Hélène et de Paul, de la mutation d'une amitié ancienne en l'actuelle inimitié, du comportement inhibé de Pierre et de la réduction du langage à sa fonction phatique, comme si l'intrigue n'avait de sens qu'au regard de ce que les personnages laissent entendre au lecteur et au spectateur. Enfin, l'intensité dramatique se fonde sur le jeu des rivalités et des animosités qui divisent, au fur et à mesure, chacune et chacun jusqu'à l'extrémité de l'oubli ; Pierre incarnant le point névralgique d'un ensemble de situations marquées par le contretemps et le renoncement, à terme, dû aux « derniers remords » d'Hélène et de Paul.
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1.0 étoiles sur 5
lagarce, 16 juillet 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Derniers remords avant l'oubli (Broché)
Théâtre moderne, à la lecture pénible puisque les personnages ne font que redire et reformuler leurs paroles pour leur apporter une nouvelle nuance. Bref, un texte qui n'avance pas, qui ne doit présenter d'intérêt que pour sa mise en scène... Et encore...
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3.0 étoiles sur 5
Plus vide que moi tu meurs, 25 avril 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Derniers remords avant l'oubli (Broché)
Un titre éthique sinon moraliste. Une situation pour le moins pas dramatique, bien sûr pas tragique, évidemment dramatico-comique. Des gens de la classe dite moyenne avec peu d'éducation (pensez-donc un professeur maître auxiliaire de collège en classe de quatrième et troisième pour le maximum, du temps où ça existait ça représentait un DEUG, et des démarcheurs représentants du commerce sans même le bac pour le plus bas). Une querelle dont l'on ne saura jamais les vrais attendus, frères, saeurs, ex-époux, qu'importe de toute façon, qui concerne la maison habitée par le seul homme qui ne vive pas en couple, que la femme d'un autre veut vendre pour récupérer sa part, sans qu'on sache ni pourquoi ni comment. La demande se brise sur une indifférence du principal concerné, le non marié qui vit là, qui fait son hérisson et son grand charmeur à la fois pour rouler tout le monde dans les mots, la culpabilité et la fin de non recevoir. Cela fait-il une pièce de théâtre ? Je n'en sais rien. A la lecture du texte certainement pas. La très célèbre « Death of a Salesman » est un chef d'aeuvre par rapport à cette pochade socialo-conformiste. Si c'est une pièce, puisque le texte est insignifiant, il ne peut s'agir que d'une pièce dont le sens ou la valeur vient de la mise en scène. Le metteur en scène écrit la pièce. L'auteur n'est plus que le porte plume ou le presse clavier du metteur en scène. A partir du moment où la mise en scène est un art visuel, le texte n'a plus d'importance et n'est plus là que pour soutenir la mise en scène comme un talus porte le lierre qui l'envahit. Le théâtre de texte est-il mort ? J'en ai peur si on en croit de tels manuscrits. Le malheur pour les Français c'est que l'on ne produit plus que ça, ou bien d'incontournables remises en scène de chefs d'aeuvre du passé. Mais le présent ne semble plus produire des auteurs qui transcendent les cintres du théâtre. Les Français laissent ce soin aux Allemands et aux Anglais, et à quelques autres dans le monde, les Africains par exemple. Dr Jacques COULARDEAU, Université Paris Dauphine, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne & Université Versailles Saint Quentin en Yvelines
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