Extrait
Extrait de la préface de Philippe Labro :
Si Stéphanie existait, elle serait, aujourd'hui, une femme de trente-six ans.
Mais elle n'a jamais existé, sauf sous ma plume. J'ai écrit ce roman en 1983 et l'ai fait publier sous le pseudonyme de Stéphanie avec la volonté de respecter un anonymat total et de donner à croire que ce récit des humeurs et épreuves d'une fille de treize ans, un être en mutation entre puberté et adolescence, était authentique, et non le résultat de mon imagination, mes observations.
Le mensonge était parfaitement organisé. La critique et les lecteurs ont cru à la véracité des «cahiers de Stéphanie», à partir desquels j'avais laissé entendre que j'avais fait oeuvre de «rewriter», et que ce petit personnage, solitaire et douloureux, après m'avoir confié son texte, était parti vivre une nouvelle existence à l'autre bout du monde. L'éditeur et moi-même avons reçu des centaines de lettres de filles du même âge qui se reconnaissaient en Stéphanie et souhaitaient s'entretenir avec elle. Je ne pouvais pousser la comédie jusqu'à rencontrer ces lectrices au nom de l'adolescente... J'ai continué de mentir. Je dois donc quelques excuses à toutes celles qui écrivaient : «Stéphanie, c'est moi.»
Il me semble que tout auteur, à un instant ou un autre de son activité, peut être tenté par l'écriture sous pseudonyme. Dans le cas en question, j'ai peut-être fait ce choix par crainte d'un manque de crédibilité. Par présomption, aussi : j'estimais sans doute à l'époque qu'il y aurait, dans mes romans à venir, ceux qui relèveraient de la «littérature», et d'autres ouvrages plus légers, moins «dignes».
--Ce texte fait référence à l'édition
Broché
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Présentation de l'éditeur
Publié en 1983 sous le pseudonyme de Stéphanie, Des cornichons au chocolat est devenu un livre culte. Toute une génération s'est reconnue dans le journal de cette adolescente de treize ans: sa solitude et sa révolte, son regard dérangeant sur les adultes, l'école, le travail, et son goût discutable pour les sandwichs aux cornichons et au chocolat. En réalité, le véritable auteur de ce livre n'est autre que le romancier Philippe Labro. A l'époque, par pudeur et par authenticité, il avait préféré se dissimuler sous la fausse identité de cette lycéenne inconnue - ce " je" Féminin, pour laisser croire qu'il s'agissait d'un véritable document. Vingt-quatre ans plus tard, Philippe Labro a décidé de reconnaître ce " roman caché ", d'autant qu'il constitue le premier volet d'une trilogie féminine poursuivie avec Manuella et enfin avec Franz et Clara. Les lecteurs et lectrices reconnaîtront, en effet, dans Des cornichons au chocolat, la patte du célèbre romancier qui a su s'identifier à l'adolescente. On n'oublie pas facilement Stéphanie - un ton inimitable.
--Ce texte fait référence à l'édition
Broché
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