Unique roman du décapant auteur, il paraît, "Des femmes qui tombent" permettra à ses fans de Desproges de retrouver tout ce qui faisait le charme du personnage, je veux dire cette capacité à tenir un discours sur un objet abracadabrantesque en détournant une partie de l'attention du lecteur sur d'invraisemblables constructions langagières. N'omettant ainsi jamais de qualifier par deux ou trois adjectifs chaque substantif pour mieux travestir le néologisme - qu'on lui pardonne bien, d'ailleurs -, Desproges monte ses phrases comme Gaudi a fait grimper la Sagrada Familia jusqu'au ciel. On tremble toujours que l'édifice ne s'écroule tant il apparaît fragile, tout fait qu'il est de mots que rien ne permet de tenir ensemble si ce n'est la volonté de l'auteur, mais cela résiste jusqu'au bout. C'est bien cet exercice qui distrait, plus que l'histoire dont on se demande bien pour finir comment le diable d'homme a réussi à l'étaler sur 150 pages, mais il est vrai que c'est écrit gros.