Souvent confondue, à tord, avec Sylvie Joly, il convient de faire un petit rappel nécessaire sur la vie atypique de son auteur:
À 18 ans, elle quitte d'abord la Norvège avant d'exercer divers métiers : fille au pair, strip-teaseuse, secrétaire chez Eddie Barclay, styliste de mode. Elle devient ensuite conseillère juridique de l'hôpital psychiatrique d'Étampes.
À 38 ans, elle fait son entrée dans la magistrature. Elle en devient la première secrétaire générale adjointe à ne pas sortir de l'ÉNA.
En 2002, elle se met en disponibilité de la magistrature pour devenir conseillère du gouvernement norvégien dans la lutte contre la corruption et la délinquance financière internationale, déplorant au passage la complaisance en France avec les malversations financières. Elle explique son départ en Norvège comme un véritable exil pour se mettre à l'abri : « J'ai quitté la France. Je suis partie parce que je ne voulais laisser à personne les moyens et le temps de se venger. »
En 2005, elle crée, avec l'appui du ministère des affaires étrangères le "Network". C'est un réseau privé de juges et d'enquêteurs réputés pour leur intransigeance dans la lutte contre la corruption.
Ses membres représentent notamment plusieurs pays en voie de développement auquel le Network apporte non seulement un soutien psychologique et moral grâce aux échanges et réunions organisés régulièrement, mais aussi à l'occasion une aide matérielle, comme l'exfiltration d'un membre dont la sécurité serait menacée.
Comme le disent certains membres du réseau, cette initiative unique et salutaire ne pourra réellement avoir un impact significatif que si une cour internationale est créée afin de poursuivre les criminels financiers, seule façon de faire appliquer les lois communes en vigueur.
Son nom a été choisi par la promotion 2007 de l'École nationale de la magistrature. Dénonçant toujours la soumission de la magistrature au pouvoir politique, elle a critiqué le projet de Nicolas Sarkozy de dépénaliser le droit des affaires et l'immunité judiciaire durant la durée de son mandat du président de la république.
C'est donc très logiquement qu'elle publie aujourd'hui ce livre qui met en lumière l'action de ces anonymes qui chaques jours se battent pour que recule la corruption et dont l'action semble parfois aussi dérisoire que de vider l'océan à la petite cuillière.