Quatrième de couverture
Pourtant, ce glorieux incipit suscite autant de perplexité que d'admiration : les quelques documents contemporains de ce commencement allemand évoquent bien la découverte des « fondements » d'une « science admirable », mais laissent entière la question de son extension cette science, dont l'apparition est contemporaine des premiers travaux mathématiques de Descartes, contient-elle aussi les fondements de la physique et de la métaphysique ?
La question n'est pas nouvelle, mais on tente cette fois d'y répondre en replaçant l'événement dans son contexte le plus immédiat. En 1619, la pensée allemande est en pleine effervescence et en pleine mutation d'une science de l'être, la métaphysique scolaire évolue vers une théorie générale de la connaissance : la physique devient une science mathématique sous l'influence principale de Tycho Brahe et de Kepler, et les mathématiques elles-mêmes s'ouvrent de nouvelles perspectives avec les développements récents de l'algèbre Enfin la philosophie allemande s'essaie, au même moment, à produire un concept général de la science qui soit à la mesure de l'entendement humain, mais aussi à la hauteur de ces transformations affectant tous les champs de la connaissance
De ces diverses tentatives, celle de Descartes, qui ne leur est pourtant pas étrangère, apparaît comme la plus lucide, la plus puissante et la plus aboutie. Elle est simultanément une synthèse et une réponse critique aux questions de son temps.