Desperate Housewives nous a servi en première saison une bonne tasse de vitriol qui a défiguré tout ce que l'Amérique puritaniste compte de plus emblématique: la femme au foyer, la famille, les quartiers riches et bien-pensants. Après une saison 2 réussie, quoiqu'un peu molle, la série revient pour une saison 3 totalement assumée.
Toujours aussi dérangeante, la série a maintenant atteint un âge de raison qui lui permet de manier les sentiments avec autant d'aisance que l'humour. Les personnages sont maintenant bien connus et gardent leur caractère bien trempé. A ceux que nous connaissons déjà, il convient de rajouter de nouveaux arrivants, comme Orson Hodge, découvert en toute fin de saison 2, interprété par le remarquable Kyle McLachlan, qui avait déjà rebrossé le portrait d'une ville tranquille avec David Lynch dans la série Twin Peaks.
On ne s'ennuie pas une seconde entre tous les rebondissements que nous proposent cette saison, entre nouveaux secrets et histoires entièrement nouvelles (souvenez-vous, à la fin de la saison 2, Bree est célibataire, Gabrielle a chassé Carlos, Susan attend une demande en mariage... autant de portes laissées grandes ouvertes). Tout le monde en prend pour son grade, et bien que chaque personnage soit caricatural, chaque portrait est très nuancé, aucun gentil qui ne soit méchant et vice et versa.
Bref, une saison 3 très réussie qui augure du meilleur pour le reste de la série.