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Commentaires client les plus utiles
6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un enregistrement remarquable,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Desprez : Chansons ( coll. Musique d'abord ) (CD)
Ces chansons d'amour sont un bonheur pour tout amateur de voix. La musique de Josquin DESPREZ mériterait d'être plus exploitée par tous les chanteurs amateurs. Ces chants sont de véritables manuels scolaires pour chanteur en herbe. IL suffit d'écouter comme les voix les instruments se répondent sans jamais se concurrencer. Ici le talent de l'ensemble Clément Janequin met en évidence, la nécessité du travail d'écoute que demande la musique en groupe et qu'il n'est pas nécessaire de jouer/chanter fort pour faire de la musique. Merci pour cet enregistrement bien équilibré ou les voix et les instruments ont un naturel émouvant, un enregistrement avec une image stéréo à la dimension de l'ensemble. Et en plus il y a l'émotion, car à quoi servirait la technique s'il n'y avait pas la beauté. Un disque dont la qualité vous donne l'envie de consommer et d'aller au concert. La petite maison Harmonia Mundi - en rapport des grandes Major - l'a compris depuis longtemps.
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3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Des oeuvres emblématiques de la fin du Moyen-âge,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Desprez : Chansons ( coll. Musique d'abord ) (CD)
Les "chansons" de Josquin Desprez (ou Des Prés, selon le cas) manifestent un succint mais remarquable essor du style profane vers le sommet du contrepoint. Josquin Desprez étrenne donc une nouvelle tradition musicale où la mélodie est dépendante du "canon". Ce type de polyphonie amorce le ton d'un nouveau style de "chanson rustique" : les compositeurs polyphonistes franco-flamands s'y différencieront distinctement des musiciens français ou franco-français de la cour du Roi Louis XII (comme Robert de Févin, Jean Mouton ou Loyset Compère) qui ont créé cette nouvelle mode, vers la fin du quinzième siècle, transformant alors le panorama musical de la courtoisie franco-bourguignonne. Josquin Desprez s'en rapproche avec, par exemple, ses "chansons" "Adieu mes amours" ou "Si j'ay perdu mon amy". Ses "chansons" sont donc comparables avec celles engrangées à la cour de Bourgogne (Marguerite d'Autriche). Josquin Desprez emprunte également d'autres éléments au style italien, notamment aux "frottole", style qui sera supplanté quelques années plus tard par le "madrigal" (en témoigne sa "chanson" humoristique "El grillo"). La diversité formelle des "chansons" de Josquin Desprez est souvent renouvelée, à l'expression littéraire régulière de la mort ("dueil") et la mélancolie ("mélancolye"). Cultures courtoise et ecclésiastique s'y associent au coeur d'une polyphonie qui retrouve toute son ampleur initiale d'"Ars combinatoria". Josquin Desprez composa près de quatre-vingt "chansons", dont on peut affirmer de source sûre aujourd'hui qu'une soixantaine sont vraiment issues de sa plume.Josquin Desprez est également l'auteur d'une centaine de "motets" et d'une vingtaine de "messes", dont la "Déploration sur la mort de Johannes Ockeghem", sur des vers du poète Jean Molinet. Il s'agit d'une assez longue plainte à la mémoire de celui qui fut le vértiable maître de la polyphonie franco-flamande du quinzième siècle. Durant toute la première partie de cette oeuvre, l'"Introït" de la "Messe des morts" ("Requiem aeternam"), contrepointe grâce à une voix grave la lamentation entonnée par les quatre autres voix. Josquin Desprez privilégie dans cette poignante pièce le mode de "mi" et non celui de "fa" (qui est le ton original du chant liturgique) ; ainsi, il exprime encore plus la tristesse. A noter aussi que l'integralité de cette "déploration" est intégralement rédigée en notation noire. Dominique Visse et son ensemble Clément Janequin (avec ici la participation dans six "chansons" et dans la "déploration" du ténor Jean-Paul Fouchécourt) sont rompus à ce répertoire. Ici, dans cette belle anthologie, quasiment toutes les "chansons" sont accompagnées soit par le luth, soit par un ensemble de violes de gambe ; celà attire l'attention sur les artifices de compositions dissimulés sous une "apparente" simplicité. Aussi, quelques "chansons" sont transcrites et interprétées soit par le luth seul, soit par le groupe de violes de gambe. L'interprétation générale de l'ensemble Clément Janequin est très convenable, malgré qu'on puisse regretter une certaine lenteur dans la plupart des "chansons". Une pincée de rapidité n'aurait pas nuit à l'interprétation. Mais ce parti pris tend à rendre analytiques ces "chansons" qui recèlent nombres d'éclats et de splendeurs ("Douleur me bat", "Petite camusette", "Nimphes, nappés", "Faulte d'argent", "Cueur langoureulx" par exemple, sont très émouvantes). La "déploration" est quant à elle un rien décevante ; trop de gémissements et là encore trop de lenteurs desservent assez cette pièce. Mais les chanteurs s'en sortent correctement, leur technique leur permet aisément de se jouer des abondants pièges contenus dans la partition. La prise de son pour toute ces "chansons" est tout juste passable, et un peu plus de réverbation (une acoustique de cathédrale, par exemple) aurait mené ces interprétations tout droit au coeur de l'esprit de Josquin Desprez. Là, il est frôlé, mais sans jamais trop être complètement atteint. Le luthiste Claude Debôves, dans ses deux interventions en solo, est plus à l'aise dans la "chanson" "Fors seulement" ; il peut faire courir ses doigts plus prestement que dans la "chanson" précédente, "Mille regretz". Lorsqu'il accompagne les chanteurs, il est tout aussi à son aise. Le groupe de violistes, mené d'archet de maître par la grande Arianne Maurette, donnent un souffle religieux insoupçonné à quatre des "chansons". Lorsque le groupe accompagne les chanteurs, il se fond bien dans la masse et apporte un bel équilibre voix / instrument. Paul Van Nevel et les membres de son ensemble "Huelgas" devrait peut-être s'attarder sur ces "chansons"... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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