Sacré Mylo. Il faut tout de même oser s'attaquer au rock n roll en 2004. Car il s'en est passé des choses depuis « Surrender » des Chemical Brothers, « Melody AM » de Royksopp. Le rock n roll a repris le contrôle. Les White Stripes, Strokes, Jet et Franz Ferdinand vendent leurs disques par millions, chose totalement improbable avant l'automne 2001. Depuis lors les bacs ont été envahis de groupes « en The » et de groupes tout court par la suite, alors que dans le même temps les bacs électro se réduisaient comme peau de chagrin, grignotés par les rayons indés. Pendant que la scène électro s'endormait derrière ses platines, la scène rock rock en profitait pour prendre les devant, au point que les gazettes electro s'entichaient des White Stripes, et s'extasiait sur The Rapture tout en crachant sur le dernier Basement Jaxx ou le dernier Dimitri From Paris. Elles n'avaient d'ailleurs pas tort. Depuis « Discovery » rien de bien excitant n'est sorti de la scène électro, à part le 2 Many DJs, ( et encore parlons-nous bien d'électro quant on mixe les Stooges avec Salt n Peppa et Nirvana avec Destiny's Child), le(s) son(s) Anticon ( hip-hop ou electro ?), les sorties Warpiennes et M83. Et bien c'en est fini. Mylo, le christ, le sauveur est arrivé. Jusqu'alors reclus sur son île de Skye en Ecosse, il a depuis marché sur les mers, multiplié les sons, les pistes, pour nous soigner de l'électrophobie. « Drop the Pressure », « In my Arms », « Rikki », « Zenophile », pour faire court, sont des antidotes imparables. Des singles en puissance, ( quand Royksopp sortait des demi-singles ( cf « Eple »)), des plages paradisiaques, ce disque, qui tient parfaitement sur la longueur, annonce un hiver des plus torrides.