Cette année-là, Kiss est devenu la dernière attraction à la mode, principalement en raison du succès dévastateur de son précédent album, capté en public. Le challenge est donc double avec le cinquième enregistrement du groupe : faire au moins aussi bien qu’
Alive ! en matière de ventes de disques, et enfin réaliser un album en studio qui emporte l’adhésion des fans, et des critiques.
L’illustration de pochette est assurée par l’un des maîtres de l’
heroic-fantasy, ce Ken Kelly, par ailleurs dessinateur de
Conan le barbare. Et pour mettre toutes les chances du côté de la réussite, on confie donc la production à Bob Ezrin (l’homme du
School’s Out d’Alice Cooper, et qui, trois années plus tard, édifiera
The Wall pour le compte de Pink Floyd). On opte ensuite pour une politique parfaitement intelligente : prendre l’exact contre-pied d’
Alive !, en proposant un album sophistiqué, et aventureux.
Certes,
Destroyer offre sa proportion raisonnable de hard-rock primaire et énergique et efficace (on évoque même le sado-masochisme au détour d’une chanson), mais on relève ici ou là assez de poses arty pour retenir l’attention : travail de studio, effets sonores inédits, ballades sophistiquées (
« Beth », hit du Top 10, composé et chanté par Peter Criss), et jusqu’à la pièce clôturant l’album, mystérieusement privée de titre.
Quant à une filiation éventuelle, on rappellera que
« Do You Love Me? » (rien à voir avec le standard de The Contours) sera bien plus tard interprété par rien moins que Nirvana.
Destroyer parviendra à la onzième place des classements de vente pop, et quatre singles en seront extraits (inclus les deux Top 10 que sont
« Beth », donc, et
« Detroit Rock City » le bien nommé).
Christian Larrède - Copyright 2012 Music Story