Gino...38 ans, prisonnier de droit commun finit de purger une peine de 12 ans de prison. Grace à Germain Cazeneuve, un ex-policier qui s'occupe de la réinsertion des détenus, Gino réussit sa sortie. Malheureusement, il semble né sous une mauvaise étoile. Ses anciens amis du milieu souhaitent reformer l'équipe avec lui et viennent le relancer jusque dans l'imprimerie où il travaille. En outre, la police ne lui laisse aucun répit. En particulier un certain Goitreau, inspecteur qui contrôle ses moindres faits et gestes, allant jusqu'à provoquer sa fiancée pour le pousser à l'irréparable...
On connait le gout de José Giovanni pour les truands et les héros solitaires. Cette fois-ci, il y ajoute le cas des prisonniers de droit commun et les problèmes liés à leurs conditions de détention ainsi qu'à leurs chances de réinsertion... Apparaissent aussi en corollaires, la peine de mort et les méthodes policières.
La démarche aurait été louable si Giovanni ne s'était pas laissé allé au mélo, la mort de la première femme de Gino, entre autres. Concernant les acteurs, c'est l'excellent Michel bouquet qui joue le rôle de l'inspecteur Goitreau, dont l'interprétation semble ici parfois outrancière, tout comme l'avocate de Gino qui pousse son playdoyer avec dramaturgie. En revanche, Gabin et Delon crèvent l'écran par leur seule présence et leur composition d'un naturel désarmant dans leur troisième et dernière association.
Le jeune Bernard Giraudeau tire assez bien son épingle du jeu dans le rôle du fils "gentiment" révolté de Gabin, et on peut remarquer le tout aussi jeune Gérard Depardieu dans un petit rôle de truand mal dégrossi.
Des scènes fortes resteront dans les mémoires, notamment celle de l'éxécution où Delon est trainé vers la guillotine en jetant un dernier regard vers un Gabin attéré... instant bouleversant autant que terrifiant.
Bien que le sujet principal du film ne soit plus d'actualité, cette réalisation de 1973 aura marqué durablement les esprits et soulevé d'innombrables débats.