Avis Blu-ray : 18/20
Malgré la reprise du transfert HD DVD, format défunt de Microsoft, l'encodage VC-1 était suffisant de qualité, et n'a donc pas nécessité une reprise quelconque. Le film étant somme toute assez récent (2004 ce n'est pas si vieux) les images possèdent donc une netteté incomparable en HD. Si l'on met de côté quelques plans bruités dans les scènes sombres (intérieurs temples), le reste des scènes brillent de mille feux sous le chaud soleil du Cambodge, où le film à été tourné la grande majeure partie du temps.
Certains plans sont confondants de réalisme, avec une définition hors pair, alors que dans le plan suivant, dans la même scène, l'image se retrouve légèrement bruitée sans que la lumière n'ait subi de changement notable. Curieux donc, mais pas envahissant, surtout que cela reste très sporadique, et que l'ensemble est exempt de scratchs et points noirs, ou autres salissures.
Les images sont donc, pendant une très grande majorité du film, absolument somptueuses, surtout que les décors naturels (temples perdus dans la jungle) et l'utilisation de vrais tigres rend l'ensemble très attractif du point de vue image HD...les détails de la jungle (la rivière sacrée, les bas reliefs des temples) ainsi que les fourrures des félins, ressortent donc dans une luminosité mise en valeur par une photographie presque irréelle, aux couleurs aussi chaudes que le climat du sud-est asiatique.
Les gros plans, qu'ils soient sur les visages humains ou sur les regards puissants des tigres, jeunes ou vieux, sont à tomber de détails, même si parfois les effets numériques se font clairement ressentir sur les effets de lumière de certains plans (le reflet des flammes dans les yeux du tigre, le rayon de soleil au travers de l'oreille trouée de la mère tigre), l'ensemble reste donc brillant et très impressionnant.
Seul ombre au tableau, un plan pour le moins curieux, à 1h14'40'' qui voit un étrange halo verdâtre s'inviter sur les contours les plus lumineux d'une image pour le moins bruitée. Un plan vite oublié au regard du reste qui tient franchement du haut de gamme. Bluffant.
Côté son, la VF propose un DTS 5.1 HD High Resolution, alors que la VO propose elle un DTS 5.1 HD Master Audio.
Il faudra vraiment faire la fine bouche pour préférer l'une à l'autre tellement elles sont très voisines...en VF, le crépitement des flammes ou le rugissement des tigres, où encore les rares coups de feu trouvent là une piste HD de toute beauté, peut-être un chouïa plus clairs sur la VO, notamment sur la centrale et sur les surrounds.
Avis bonus : 13/20
Making-of / 1h18 / VF/VOST / SD / VC-1 / DTS 5.1
Si l'on perd une grande partie des bonus du double DVD prestige, on garde ici l'essentiel et incontestablement le plus intéressant, à savoir le making-of. Pas de bande-annonce, ou de photos HD, simplement le making-of...
Contrairement aux exemples ricains, souvent promotionnels et évasifs, ici, Jean-Jacques Annaud est souvent présent et nous explique toujours la raison de ses choix artistiques, avant de rentrer plus en détails dans la fabrication réelle de son film...
-Les repérages.
Pendant près de 6 mois, le réalisateur écume les provinces Khmères sur les quatre points cardinaux afin de trouver les lieux propices au tournage. S'il a une idée bien précise de ce qu'il veut, il n'exclut pas pour autant un changement de dernière minute, dû à un coup de foudre.
-Les décors.
Les temples aujourd'hui n'ont assurément plus le même visage qu'en 1920, époque où se déroule l'histoire du film. Afin de recréer l'aspect visuel, il a donc fallu reconstruire quelques statues, celles-là même qui ont été l'objet d'un commerce intensif à cette époque. Annaud revient sur les spécificités imposées par le gouvernement Khmer afin de conserver les lieux le plus intact possible. Toutes les pierres ont donc dû être protégées afin de supporter le matériel de tournage, nécessaire pour tourner les plans voulus par le réalisateur. Il s'explique également sur les avantages de tourner en studio, même si cela nécessite de recréer entièrement un décor...Placement du matériel facilité, contrôle des lumières, rapidité de tournage avec les acteurs...
-Casting animal.
Annaud revient sur le casting de près de 30 tigres différents de tous âges, la majorité étant française, et du transport de ces derniers, de Paris jusque dans les provinces les plus reculées du pays.
-1er jour de tournage.
N'ayant eu que très peu de temps de préparation, et étant introduits dans un élément naturel que les tigres ne connaissent pas forcément, les caméras nous montrent l'imprévisibilité de ces animaux, qui même s'ils sont domestiqués, gardent malgré tout un côté sauvage.
Entre l'un qui s'enfuit avec les micros du tournage, ou l'autre qui saute sur les cages renfermant les techniciens...les frayeurs et petits problèmes de tournage ont donc été nombreux.
- Les lieux inaccessibles.
Durant ses repérages, Annaud a littéralement flashé sur un intérieur temple, ce dernier étant totalement perdu au fin fond d'une jungle pour le moins inaccessible. Qu'à cela ne tienne, Annaud utilise son pouvoir de persuasion (en tant que producteur, il a également son mot à dire) pour pouvoir malgré tout tourner dans ce lieu qu'il considère comme unique et jamais vu sur un écran. Pour cela il n'utilisera pas moins de trois gros hélicoptères pour transporter acteurs et matériels nécessaires pour cette scène, d'à peine une minute à l'écran.
Par ailleurs, ces lieux étant très reculés, il aura fallu utiliser une brigade de détecteurs de mines, car encore aujourd'hui, les mines anti-personnelles dispersées un peu partout dans le pays par les Khmers rouges, n'ont pas encore toutes été identifiées et neutralisées.
- Method-acting.
Une mise en avant des dresseurs et de leurs méthodes particulières pour obtenir les gestes précis des animaux. Un tournage où tout le monde parle (le réal pour les instructions, et les dresseurs pour les animaux) et où il y a beaucoup de bruit (tambours, clochettes etc...pour attirer le regard des animaux), l'ambiance sonore étant elle entièrement recrée en post-production.
- La scène d'amour.
Une fois de plus, Annaud explique qu'un acteur peut tout simuler, mais que pour les animaux, si les jeux où les scènes de bagarres peuvent être obtenues par d'habiles stratagème de tournage et surtout de montage, pour ce qui est du sexe, ils ne peuvent absolument rien faire de ce côté-là. Aussi, sur le plateau, était prévu en permanence un endroit
- Du scénario au tournage.
Alain Godard, le co-scénariste du film revient sur les méthodes de travail de Jean-Jacques Annaud, de ses idées et de leurs mises en place dans l'histoire. On peut sentir parfois le doute s'installer mais le respect quant au résultat final, car même lui ne pensait pas tout cela possible. Courte mise en avant de la dessinatrice des story-boards et de leur importance pour la mise en place des plans dans le film.
- La musique.
Quelques séquences de l'enregistrement dans les studios d'Abbey Road (studio habituel des Beatles) en Angleterre en compagnie de son compositeur Stephen Warbeck et l'utilisation d'un orchestre symphonique.
- La partie de football.
Difficultés de tourner la scène de retrouvailles des deux frères et de la partie de ba-balle qui s'en suit. Quatre heures de rushes, et pas grand-chose d'utilisable. Il aura fallu reconstruire le bas de l'arène en studio et retourner les scènes avec des tigres dressés pour l'occasion.
- Des temples aux tentes.
Annaud revient sur la construction en dur d'un village en utilisant des figurants de la province où il tourne, pour un souci d'authenticité.
- Les effets spéciaux.
Les FX ayant une place prépondérante dans ce film, retour sur les diverses techniques utilisées...effets visuels, mécaniques, animatronics dans les différents ateliers correspondants.
- Trucages numériques.
Les tigres, même dressés restant des animaux sauvages, il était hors de question de faire tourner les acteurs en présence des félins. Pour les nombreuses scènes où c'est le cas, Annaud a donc du tourner ce qu'il appelle en double-passe...une première fois avec les acteurs, et une seconde avec les tigres, pour superposer les deux en studio de mixage vidéo. D'où l'importance de bien visualiser la scène sur monitoring.
- Les costumes.
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