A Akron (Ohio), capitale du pneumatique américain, il n'y a pas grand-chose à faire en 1972, hormis fonder un groupe de rock : c'est ce que décident la fratrie Mothersbaugh (Mark au chant, Bob à la guitare, et Jim le batteur, vite remplacé par Alan Myers), et le bassiste Gerald Jerry Casale, rejoint par son frère Bob à la guitare.
A Akron (Ohio), capitale du pneumatique américain, il n'y a pas grand-chose à faire en 1972, hormis créer des concepts fumeux, comme celui de la de-evolution, état dans lequel ces jeunes étudiants en art estiment plongée la société américaine.
Cinéma, puis musique
En 1976, le court métrage The Truth about de-evolution attire l'attention d'Iggy Pop et David Bowie. Les deux favorisent en 1978 l'enregistrement du premier album du groupe : Q : Are Wot Not Men? A : We Are Devo!, et le très controversé « Mongoloid », qui est produit par Brian Eno. Le public découvre une musique étrange, mordante d'un humour satirique, et riche de multiples références à la science fiction. Les instruments synthétiques utilisés sont inhabituels, et les mélodies souvent discordantes.
Les premiers mois de cette carrière professionnelle démontre également tout l'intérêt du groupe pour l'image, avec un travail approfondi sur les ancêtres de vidéo-clips. Et les concerts du groupe restent des happenings toujours aventureux, dans lesquels s'ébrouent des personnages de fiction, comme Booji Boy, ou The Chinaman.
Un tube, un vrai
En 1979 sort l'album Duty Now for the Future, où l'on retrouve une reprise de « Secret Agent Man », chanson signée P.F. Sloan.
En 1980, l'album Freedom of Choice est propulsé par le single « Whip It».
Les albums s'enchaînent : New Traditionalists (1981), et Oh, No! It's Devo (1982), mais les musiciens se consacrent in fine plus intensément à leurs projets personnels (scores commerciaux, ou panouilles aux claviers avec The Rolling Stones pour Mark Mothersbaugh, vidéo pour Casale), qu'aux destinées du groupe. En 1981, Devo Live E.P. conforte le statut du groupe de star...en Australie.
En 1982, Devo collabore avec Neil Young pour le film Human Highway.
En 1984 sort Shout, qui est un échec commercial.
En 1986, David Kendrick remplace Myers, et Devo se consacre à la musique du film d'horreur Slaughterhouse Rock.
Échecs à répétition
Devo se rallie alors à la Church Of The Subgenius, groupe religieux très critique vis-à-vis de la...religion. En 1987, le groupe donne de nouvelles versions de quelques (dix-neuf) chansons favorites, en version muzak (E-Z Listening Disc).
En 1988 paraît le septième album studio du groupe, Total Devo.L'année suivante est édité l'album en public Now It Can Be Told: Devo At The Palace, qui ne reçoit, de la part du public et des critiques, qu'un accueil poli et réservé.
Nouvel échec commercial en 1990, avec Smooth Noodle Maps, qui sera - malgré l'édition de titres anciens inédits (Hardcore Devo Volume 1 & 2) - l'ultime enregistrement en studio du groupe.
En 1996, la musique de l'album Adventures Of The Smart Patrol sert néanmoins de support mélodique à un CD-ROM.
Devo ailleurs
Mark et Bob Mothersbaugh et Casale se consacrent désormais à la publicité. Gerard Casale s'est tourné vers la vidéo musicale. Tous s'illustrent dans les jeux vidéos, le cinéma expérimental, ou les projets nostalgiques (comme le groupe proto-surf The Wipeouters).
Contre toute attente, Devo continue à occuper la scène musicale mondiale, utilisant jusqu'à plus soif certaines de ses chansons pour le compte de campagnes publicitaires (allant jusqu'à en enregistrer de nouvelles versions), et donnant toujours des concerts, dans leur pays, ou en Europe et en Australie.
Copyright 2012 Music Story Christian Larrède