J'entends parfois, ici ou là, des gens se plaindre de l'ambiguité morale de cette série, mais n'est-ce pas justement cette ambiguité qui en fait tout l'intérêt? Comme
Jack Bauer ou
Vic Mackey, Dexter est un personnage complexe, ni tout blanc, ni tout noir, qui, en obéissant à son code moral très particulier, interpelle l'éthique de chacun. Est-il un criminel ou un justicier? Rend-il service à la société ou en sape-t-il les valeurs? Ses démons, mine de rien, ne sont-ils pas un peu les nôtres? Questions simples auxquelles il est impossible de répondre simplement! On me dira que le débat n'est pas nouveau et que
Dirty Harry ou
Paul Kersey soulevaient déjà, il y a trente ans, ces mêmes questions, à quelques nuances près. Sans doute! Mais Dexter, lui, est plus subtil, sa personnalité plus torturée, sa psychologie plus insaisissable. A cela, deux raisons: la qualité des scénarios qui le mettent en scène et le talent de Michael C. Hall qui l'interprète. Les premiers évitent tout pathos et le second est remarquable d'intériorité. Parfois, c'est vrai, on frôle le second degré, mais sans jamais y tomber. L'humour est très noir, mais jamais de mauvais goût. Moi, que voulez-vous, je trouve ça jubilatoire et addictif. J'avais adoré les deux premières saisons et, sans surprise, j'ai adoré celle-ci. La double vie de Dexter y est de plus en plus compliquée, donc de plus en plus passionnante à suivre. Les sous-intrigues complètent harmonieusement l'arc narratif principal. Le casting est judicieux, la réalisation soignée. Cette série est tout simplement l'une des meilleures du moment. Longue vie à elle!