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On entend cette voix comme un sanglot. On entend des doigts qui glissent pour caresser les cordes. Cest Ben Harper qui chante, avec tout le cur que peut mettre un homme dans une création artistique. La chanson sappelle "Amen One" ou "With My Own Two Hands", et cest un poème divin qua choisi dentonner le chanteur-guitariste. Une sorte de gospel du futur, un cri qui passe et qui continue, qui vient de loin déjà. Cest même au fond de lAfrique quil a trouvé les intonations de "Picture Of Jesus" avec Lady Smith Black Mambazo, ce chur dhommes bouleversant qui lui répond. Toujours tendu vers toutes les sources de sa musique, avec intelligence il alimente des plages entières au funk millésimé ("Brown Eyed Blues"), jouant dun groove redoutable à la pédale wah-wah. Et comme Ben Harper est un faux calme, un paisible qui attend son heure, quand surgit lintro de "So High So Low", on se retrouve levé du fauteuil par la puissance et la rage de lassaut. Difficile de ne pas sentir très vite, à lécoute de ces chansons desprit et de corps, toute la complexité dun homme en quête perpétuelle. Il a déjà trouvé avec ce sixième album, entre folk chargé dâme et rock sans frontières.
--José Ruiz
Critique
De nombreux artistes se sont cassés les dents en essayant de se renouveler. D'autres ont déçu en faisant toujours la même chose. Ben Harper, pour son cinquième album et après la sortie d’un double live impressionnant et une fugue paisible dans le sud de la France, a décidé de ne plus appliquer la même formule. Finie la recherche de la perfection. Le guitariste virtuose a décidé de s'amuser en se laissant aller dans des genres plus communs. Une touche de reggae, une de soul, une de funk.
Sur
Diamonds on the Inside, il montre qu'il peut toucher à tous les styles et il le fait plutôt bien. Mais faire bien ce que font déjà les autres, est-ce vraiment intéressant ? Il a toujours démontré une certaine indépendance vis-à-vis de toutes ses influences, finira-t-il définitivement « influençable » ? Curieux, ces 14 titres à l'envie. Il y a tout de même des perles comme
«Touch from Your Lust» que lui seul sait élaborer. Elles côtoient des morceaux que l'on pourrait attribuer à n'importe qui.
Précédemment, seul Ben Harper ressemblait à Ben Harper. Dans ce disque studio, on ne trouve plus la force et l'originalité qui faisaient vibrer les oreilles. Il est d’ailleurs étrange d’établir un parallèle avec
The Will to Live l’autre album faible de sa discographie : ils comportent chacun un titre reggae, plutôt agréable dans les deux cas d’ailleurs. Son visage a disparu de la pochette comme pour marquer l’absence d'envolée de son chant torturé sur quelques glissements de cordes précis et doux. Les passages funk et rock semblent si banals… C'est une vraie déception, même si avec le temps quelques titres forts se détachent.
Raphaël Richard - Copyright 2012 Music Story