C'est en 2009 que la soprano colorature allemande Diana damrau, accompagnée du chef français Jérémie Rhorer et du Cercle de l'Harmonie - spécialistes de Mozart, Haydn, et de la musique française jusqu'au Premier Empire - sortaient cet album chez VIRGIN CLASSICS.
Incontestablement, la voix de Damrau est superbe, sa tessiture exceptionnelle, avec des aigus souvent stupéfiants, tenant la note avec facilité et agilité. On se souvient de sa Reine de la Nuit dans "La Flûte Enchantée" - morceau de bravoure qui contribua grandement à la rendre si célèbre.
Mais, il faut dire que si, pour l'aria extrait de "Mitridate" (par exemple), il n'y a aucun problème, est-elle une Pamina vraiment convaincante (voir le "Ah ! ich fûhls...") ? Plus nettement encore, son registre vocal correspond-il au rôle de la Comtesse des "Noces de Figaro" (voir le "Dove sono...") ? N'y a-t il pas un peu de Suzanna dans cette Comtesse, alors que l'incarnation de la première ne pose aucun problème (fraîcheur de la voix, rôle épousé avec une grande précision)... ?
Peut-on vraiment incarner - dans un récital, en studio - des interprétations aussi différentes que Blonde (lyrique, légère, parfaite) et Constanze (beaucoup plus dramatique), dans "L'Enlèvement au Sérail" ? Le célèbre "Mattern aller Arten...", malgré le poids qu'essaie de donner la cantatrice, ne semble pas à la hauteur du rôle - sur le plan du registre vocal et dramatique. Peut-on, de même, incarner à la fois Donna Anna et Donna Elvira du "Don Giovanni" ? Le "Non mi dir..." n'est pas l'équivalent du "Mi tradi..."...
Peut-être plus adaptée dans les airs de Vitellia de "La Clémence de Titus", ainsi que dans les Airs de Concert, Diana Damrau nous donne cependant une certaine carte postale mozartienne intéressante, même si l'on peut douter de ses possibilités (actuelles) à interpréter tous ces rôles sur scène.
Cela dit, cette diva fait partie des très grandes cantatrices de la galaxie lyrique d'aujourd'hui, et, avec un Jérémie Rhorer et un cercle de l'Harmonie très présents (voir les plages 9, 15, et 18 - notamment), elle nous donne 72 minutes de Mozart d'un haut niveau, ce qui n'est déjà pas si mal...