L'historien Alfred Fierro est un grand spécialiste de Paris, et ses différents ouvrages témoignent de l'étendue de son érudition. Ce Dictionnaire du Paris disparu paru en 2003 chez Parigramme le confirme. Sans prétendre à une exhaustivité hélas impossible en la matière, A. Fierro relate dans sa préface les différentes grandes époques de destruction et de construction subies par la capitale : "C'est d'abord la fièvre bâtisseuse du milieu du XVIIIe siècle dans un tissu urbain déjà dense, ne laissant guère d'autre choix que le sacrifice de nombreux édifices du Moyen Age, des XVe et XVIIe siècles : un tiers de la capitale change de visage. - La Révolution dépose le roi, pas la pioche. Mais le vandalisme dont les hommes de 1789 sont communément crédités fut, plus certainement, celui d'une bourgeoisie spéculatrice, lotissant à tour de bras les anciens domaines religieux. - Autre " temps fort " avec Haussmann dont le grand remodelage ampute le c½ur de Paris du sixième de ses immeubles et fait table rase des deux tiers de sa périphérie. - Nouvel assaut, le dernier en date, à partir des années soixante ; un urbanisme sans style ni unité efface 30% du bâti qui lui préexistait".
Abondamment illustré et d'une lecture agréable, l'ouvrage cite 4500 sites et monuments, accordant aussi des entrées aux bâtiments et aux lieux qui ont changé de nom au cours de l'histoire ou dont la trace s'est effacée dans la toponymie actuelle. Ce livre est hautement recommandable, et complète heureusement les travaux de Jacques Hillairet et le Dictionnaire du vandalisme de Louis Réaux, republié chez Robert Laffont en 1994 et actualisé par Michel Fleury et Guy-Michel Leproux (hélas épuisé depuis peu). Saluons en outre le travail éditorial de Parigramme, qui parvient à nous proposer des ouvrages de référence sur Paris à des prix plutôt abordables.