Bel hommage rendu au Brésil par un de ses amoureux dans un langage d'une rare élégance. Quelques paragraphes très anecdotiques occupent parfois trop d'espace alors que des sujets centraux sont un peu laissés en friche. Là encore ce métissage religieux si puissant au Brésil n'est abordé que par la bande et finalement inexploré. Au total c'est bien le regard personnel de l'auteur qui nous intéresse, une observation faite au hasard du temps et des rencontres, en définitive de tous les thèmes qui s'imposent au voyageur ou au résident à long terme sans qu'il les recherche nécessairement.
Gilles Lapouge connait bien son Brésil mais il commet quelques erreurs, et c'est bien rassurant de savoir que nul n'en est à l'abri. Ainsi affirme-t-il que Charles Marie de La Condamine a passé neuf ans au Brésil en mission scientifique. A ma connaissance cette expédition eut lieu au Pérou, et La Condamine ne traversa le Brésil en empruntant l'Amazone qu'à son retour. De même donne-t-il entre parenthèse comme définition du candomblé : (vaudou yoruba). Raccourcis simpliste. Le vaudou est originaire du Dahomey (Bénin) et ses divinités les voduns sont devenues loas en Haïti. Le candomblé dont il existe plusieurs formes peut être considéré comme le nom générique donné aux syncrétismes religieux afro-brésilien en général, en tous cas avant la naissance de la macumba, umbanda et autres religion incorporant de nouvelles sources comme le spiritisme. Bien qu'à divers degrés plusieurs zones africaines soient devenues influentes en Amérique latine, c'est effectivement le culte des Orishas originaire de l'ethnie Yoruba du Nigéria qui prédomine. Quoiqu'il en soit parler de vaudou yoruba équivaut à dire protestantisme catholique ou un truc aussi contraire, même si par ailleurs il existe de nombreux liens entre culte vodun et orisha, en raison de la perméabilité de ces religions.
Pour en revenir à ce dictionnaire, à ne pas manquer si l'on s'intéresse au Brésil, ou même si l'on aime la bonne littérature.