Dans un sketch des Nuls, on voyait Alain Chabat interpréter brièvement un chien, plus vrai que nature, mendiant des gâteaux auprès d'un Dominique Farrugia excédé.
L'aptitude au mime canin de Chabat est le point de départ de ce film, dans lequel il interprète un labrador ayant pris forme humaine. On ne sait exactement comment, ni pourquoi eu lieu la métamorphose, mais peu importe, et ainsi en est-il du reste du scénario. L'intérêt du film réside principalement dans le tandem extravagant formé par Alain Chabat et son « maître », Jean-Pierre Bacri, évidemment de mauvaise humeur d''un bout à l'autre de l'histoire.
Qu'on ne s'y trompe pas,
Didier n'est pas seulement une accumulation de gags grotesques et décalés : il s'agit d'une comédie complète, alliant différents types d'humour, servie par des acteurs remarquables et des dialogues travaillés. Un « making woof » de 40 minutes et le commentaire du film montrent à quel point Chabat est sérieux lorsqu'il s'agit de faire rire ; on y voit un professionnel exigeant et méticuleux, loin de son image habituelle de déconneur. Le souci du détail se remarque jusque dans la présentation du DVD, dont le menu est une sorte de petit dessin animé très amusant, et dans le petit livret de 4 pages intitulé « Didiermag » truffé (hi hi) de blagues ; on constate au passage que les boîtes d'aliments pour chien utilisées dans le film comportent la mention « avec morceaux de chat ».
Ce film de 1996 démontra qu'Alain Chabat était, en plus d'un excellent acteur, un réalisateur très prometteur. Plus simple (plus drôle ?) qu'
Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre, réalisé quelques années après,
Didier demeure une oasis dans le désert de navets des comédies françaises. Le fait qu'il soit visible par tous, en dépit de petites grossièretés ici ou là, vous permettra de passer de bonnes soirées en famille.