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Diedouchka Format Kindle

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Longueur : 278 pages Composition améliorée: Activé

Descriptions du produit

Extrait

- Allons les enfants, pressez-vous un peu, vous allez finir par être en retard ! Les garçons, arrêtez de taquiner vos soeurs. Jacqueline, tu ne comptes tout de même pas sortir dans cette tenue ! La radio annonce de la pluie pour aujourd'hui. Mireille et Monique, vos survêtements sont rangés dans le sac, là-bas. Et toi, Paulette, pense à emporter l'argent pour la cantine. Pour l'amour du ciel, dépêchez-vous !
J'aime le matin, et j'aime le joyeux chahut familial qui accompagne nos départs à l'école. Quand le réveil secoue notre grande maison de la cité de l'Air, je suis toujours la première à affronter la tornade matinale et à savourer le chocolat au lait qui mousse dans les bols. La première aussi à expédier les prépa­ratifs, car, comme le dit si bien ma mère, il faut non seulement se dépêcher, mais surtout «penser à». Et moi, Paulette, qui suis l'aînée des filles, je ne peux échapper à ce fameux «penser à». La tâche est parfois un peu lourde à porter pour mes jeunes épaules, même si j'adore mes trois soeurs, Monique, Mireille et Jacqueline. C'est donc souvent pour attraper au vol une dizaine de minutes de tranquillité que je me réveille avant les autres. Des minutes précieuses que je passe dans la salle de bains, où j'aime être seule, à réviser mes leçons.
Notre famille est comme un bloc, une entité, et si, par soif d'indépendance - à six ans, je ne tiens déjà plus en place ! -, il m'arrive de vouloir déserter, je sais aussi que tant que nous serons tous ensemble, unis et réunis, rien de grave ne pourra nous arriver. «Vite ! Vite !» répète ma jolie et douce maman, qui s'agite autour de nous comme une petite abeille, attentive au moindre détail. Car tout doit être parfait au sein de la ruche. Boutons à réparer au dernier moment, fermeture Éclair récalcitrante qui se coince juste quand il ne faut plus, mouchoir à dénicher dans un placard, chaussettes et bottes à remettre dans le bon ordre, la bonne couleur, la bonne pointure... Le temps presse. Chaque seconde, chaque minute compte. Le radio-réveil n'existe pas encore et c'est tant mieux, car je préfère de loin le «bonjour !» tonique du speaker sur les ondes préférées de mes parents au tic-tac laconique d'un réveille-matin. La radio parle ou chante selon les heures, alors que le réveil, lui, ne sait faire qu'une seule chose : du bruit. Et du bruit, il y en a déjà bien assez comme ça quand toute la maisonnée est réveillée ! Cette fameuse radio trône dans la chambre de papa et maman. Elle est presque toujours allumée et le son, qui est réglé assez fort, parvient jusque dans la cuisine, tantôt clair, tantôt brouillé par je ne sais quel parasite, ajoutant un zeste de gaieté.
Autour de la table en Formica, c'est un peu la bousculade. Comme dans une colonie, le premier arrivé est le premier servi. Chacun pioche directe­ment dans le frigo et rapporte ce qu'il y trouve. Pas d'odeur de cuisine, sauf les jours de frites. Jean-Paul, Gilbert et Gérard restent debout, faute de place. Nous, les filles, on préfère les tabourets en Formica. On croise les jambes, on joue les grandes. Et puis, après tout, qu'importe l'exiguïté de ce lieu de rendez-vous quotidien, où la vaisselle est empilée un peu partout, il y aura de toute façon du chocolat chaud, des tartines, des disputes et des rires pour tous.

- Zut ! s'exclame Mireille en fronçant le nez, maman avait raison, il commence à pleuvoir...
Discrète, selon son habitude, et si peu soucieuse de se mettre en avant, ma mère ne relève pas la remarque de ma soeur. Elle va à l'essentiel, comme toujours. Tic, tac, tic, tac... Les minutes ne s'égrè­nent pas de la même façon pour elle et pour nous. Nous pensons «livres et cahiers», «copains et copines», «compétitions sportives», elle pense «linge à laver», «courses à faire», «argent qu'il ne faut surtout pas gaspiller», «fins de mois difficiles», avec ses menus imposés : pâtes, riz ou pommes de terre, c'est selon. Elle pense à tout, sauf à elle. Ma mère est dans le don pour ses enfants, dans le sacrifice, en tout cas dans l'absence totale de plaisir futile. Il ne lui viendrait pas à l'idée d'aller chez le coiffeur, de s'offrir un tube de rouge à lèvres, une robe ou, plus prosaïquement, un gâteau ou une bouchée de chocolat, sucrerie qu'elle affectionne tout particulièrement mais dont elle se prive par peur de ne pas arriver à joindre les deux bouts. «Avoir à manquer», voilà une crainte qui la taraude jour et nuit. Cette peur de manquer, elle nous l'a transmise à sa façon, et bien sûr malgré elle, au détour d'un silence ou d'un regard appuyé aisément décryptable : «Pense à emporter un foulard ou une écharpe pour te couvrir, et quelque chose à grignoter au cas où.» Ce «au cas où» signifiait que tout pouvait changer du jour au lendemain, et que chacun de nous pouvait se trouver dans l'obligation de partir brusquement. Très tôt, je me suis posé la question de savoir pourquoi mes parents m'avaient «faite», puisqu'une bouche de plus à nourrir se révélait un véritable casse-tête quotidien. Et aujourd'hui encore, bien que n'ayant jamais été privée de l'essentiel grâce à la vigilance et l'immense générosité de mes parents, je ne sors jamais de chez moi sans avoir vérifié que j'ai bien mis dans mon sac un fruit et un foulard...

Revue de presse

Etonnant récit d'une quête, d'une volonté, d'une rage et d'une dignité d'être, Diedouchka décrit aussi avec humour la vie des banlieues rouges à la belle époque du PC, et le joyeux petit monde d'Europe 1, où travaille l'héroïne dès les années 70. Mais c'est quand elle raconte comment on vient vaillamment à bout de ses rêves, même les plus inaccessibles, que l'auteur nous émeut le plus fort. (Fabienne Pascaud - Télérama du 5 décembre 2007 )

Détails sur le produit

  • Format : Format Kindle
  • Taille du fichier : 989 KB
  • Nombre de pages de l'édition imprimée : 278 pages
  • Editeur : Belfond (14 octobre 2010)
  • Vendu par : Amazon Media EU S.à r.l.
  • Langue : Français
  • ASIN: B005R9JYCO
  • Word Wise: Non activé
  • Composition améliorée: Activé
  • Moyenne des commentaires client : 4.0 étoiles sur 5 1 commentaire client
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Format: Broché
N’étant pas fan des autobiographies, je n’aurais jamais approché ce livre dans une libraire de par sa couverture et son synopsis qui ne m’attirait pas du tout. Et pourtant…
Lorsqu’une amie me l’a mis entre les mains, je n’ai pas pu m’empêcher de lire la première page et d’être emportée par la plume fluide, riche et dynamique de Paule Coudert. À travers son histoire, elle nous montre une femme déterminée à atteindre son but ; qui se donne à 200% pour réussir.
Une autobiographie qui se veut émouvante et nous fait rêver. Le parcours de Paule Coudert est des plus extraordinaires. Nous suivons son ascension professionnelle avec des étoiles plein les yeux, nous vivons avec elle ce rêve qui se réalise après tant de travail et de détermination.
La deuxième partie est consacrée à une quête des origines qui ne cesse de tourmenter Paule Coudert depuis sa plus tendre enfance. D’abord ému, le lecteur se retrouvera happé par cette recherche prenante et ces voyages en Russie (ainsi que dans d’autres pays) nous décrivant les paysages et la vie de là-bas avec beaucoup d’émotions.
Un livre qui se veut rempli de joie, mais également de tristesse puisque la vie de Paule Coudert sera marquée par le décès de sa sœur et de son frère.
En résumé, une belle découverte qui vous fera passer un agréable moment de lecture.
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