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Ah Dieu ! Que la guerre économique est jolie !
 
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Ah Dieu ! Que la guerre économique est jolie ! [Broché]

Philippe Labarde , Bernard Maris


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Ouvrage de résistance contre la guerre économique pour éviter un sabordage social d'envergure mondiale. Une guerre de "tous contre tous" dont les belligérants - État, multinationales, organisations "supra-étatiques", salariés... - s'affrontent à l'échelle internationale. Ouvertement mondialistes, les auteurs s'élèvent contre les discours de soumission à un marché décrit sous les traits d'un "totalitarisme omnivore". Avec une ironie acerbe, socio-libéralisme, Union européenne, privatisation de la sphère publique ou encore dématérialisation des flux économiques sont cloués au pilori, de même que l'assimilation des notions de modernité et de libre-échange.

L'ouvrage se veut didactique, tant au niveau de sa rédaction que de son contenu. Aussi, flirtant parfois avec un style proche de la narration, il développe un propos décalé, dirigé vers la remise en cause des discours institutionnels. Tel est le cas, pour illustration, de la critique de l'un des maîtres mots du libéralisme : la concurrence. Pour les auteurs, le développement d'ententes d'intérêt économiques sur le marché mondial a progressivement vidé cette dernière de son sens. Exemples tirés de l'actualité à l'appui. --J-S Félix

Futuribles

Économistes respectés, Philippe Labarde, membre du CSA, et Bernard Maris, "Oncle Bernard" à Charlie-Hedbo, reprennent le thème de l'Horreur économique de Viviane Forrester, sans risquer d'être, comme elle, pris en flagrant délit d'Erreur économique. Ils s'en prennent au clergé du tout-marché, égratignant méchamment une bonne partie de la classe dirigeante française et, bien entendu, les Anglo-saxons en général... à l'exception notable d'Alan Greenspan.

Pour eux, si le langage a changé, c'est toujours la guerre, comme en 14, avec ses bataillons envoyés à un carnage inutile par des généraux "portant de grands noms d'avenues". La guerre est cette fois économique et s'appelle la mondialisation. Elle vise la suppression, en tout point de la Terre, de l'État providence, qui protégeait les plus faibles et les classes moyennes. La concurrence n'existe que pour les firmes moyennes et petites ; les grandes se contentent de se partager le monde. Leur règle est de ne pas s'affronter directement. Les marchés sont tellement imparfaits que seuls les États s'y laissent prendre, alors que les entreprises s'efforcent d'en utiliser toutes les imperfections pour s'assurer des positions dominantes. On est bien loin de la fable des marchés auto-régulés supposés trouver infailliblement l'équilibre optimal.

Selon Labarde et Maris, si le communisme est mort de son dogmatisme et de sa bureaucratie, le capitalisme ne survit à sa propre anarchie que grâce à ce que la société a créé sans lui : des juges incorruptibles, des fonctionnaires intègres, des ouvriers qualifiés, des éducateurs compétents, des journalistes scrupuleux, des politiques honnêtes. Si les choses vont mal, c'est la faute des politiques, qui ont démissionné sous l'influence de la vulgate libérale de l'OCDE, du FMI, de la Banque mondiale , de l'OMC et de la Commission européenne.

Les auteurs contestent le mauvais procès fait à l'État qui, loin de tout envahir, diminue depuis... 1870 ! Ce qui augmente, ce sont les services que l'on attend de lui (santé, prestations sociales, collectivités locales, Éducation nationale) et le coût pour la collectivité de l'incurie des dirigeants d'entreprises (banque, assurance, industrie), que l'État doit aider ou sauver de la faillite pour éviter le chômage et un écroulement par effet de dominos.

Pour sauver l'État providence, ils appellent à la résistance, voire à l'insurrection : "l'heure des mutineries a sonné". Mais que proposent-ils ? La Tobin Tax pour calmer les marchés financiers, la taxe Lauré pour tempérer le dumping social des pays émergents, le droit à la parole pour les femmes, les nouveaux esclaves et les exclus, l'allocation universelle d'existence. Et, en définitive, une économie mixte plus ou moins au niveau actuel : 50 % d'État, 50 % de marché. -- Pierre Bonnaure --


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