Critique
En 23 titres,
Dimanches à l'Elysée retrace en deux disques l'une des dernières apparitions scéniques d'Alain Bashung le 14 décembre 2008 à l'Elysée-Montmartre.
Ecouter la dernière performance d'un chanteur qui a brûlé tant de planches, franchi tant d'obstacles et défriché tant de possibilités jusqu'alors inimaginables dans la chanson française, ne peut être anodin. Mis en rapport avec le DVD disponible, le disque fige quelque peu l'intensité palpable des concerts de l'Olympia ou de l'Elysée-Montmartre.
Il restitue néanmoins avec précision les arrangements revisités pour chaque titre, depuis les grands moments du dernier album (
« Comme un Lego »,
« Je t'ai manqué »,
« Hier à Sousse ») jusqu'aux titres plus anciens, connus (
« Vertige de l'amour ») ou ceux que l'on pensait laissés-pour-compte (le toujours étrange
« Volontaire »,
« Happe »,
« A perte de vue »). Quelques passages obligés comme
« Osez Joséphine »,
« Madame rêve » ou
« La Nuit je mens » n'échappent pas à l'obsédante révision du chanteur, et gagnent quelques couleurs nouvelles.
Une nouvelle et dernière fois, Alain Bashung a l'audace et l'élégance d'étonner le fidèle comme le large public, tout en tirant sa révérence.
Loïc Picaud - Copyright 2012 Music Story
Description du produit
Ceux qui ont assisté à la tournée «Bleu pétrole» gardent en mémoire le souvenir d'un concert plus fort que la vie. Alain était au sommet de son art et au plus bas physiquement. Une voix insensée, pleine, habitée, tout en reflets moirés mi-satin, mi-velours, une gestuelle millimétrée, des textes incarnés à la syllabe près, des musiciens au diapason. Eblouissant. En répétition, Alain repoussait les limites, s'essayait à des reprises vertigineuses, maltraitait ses tubes, réhabillait les morceaux plus intimes. Une exigence folle pour ne pas décevoir son public. Jamais. Et à aucun prix.