Dire Straits

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Biographie

Les sultans du swing

Dire Straits s'est formé milieu 1977 dans le quartier artistique et bohème de Deptford au sud est de Londres : Mark et son frère David Knopfler (guitares ... Lire la suite

Les sultans du swing

Dire Straits s'est formé milieu 1977 dans le quartier artistique et bohème de Deptford au sud est de Londres : Mark et son frère David Knopfler (guitares & chant), Pick Withers (batterie) et John Illsley (basse). Ils choisissent ce patronyme peu encourageant pour conjurer le sort ( ?) de leur pauvreté. Ils confient une maquette au célèbre musicologue et à l'époque DJ vedette de Radio 1 Charlie Gillett qui la transmet au label Vertigo. Un premier 45 tours « Sultans of Swing », une vignette bluesy et entraînante sur la scène pub rock londonienne, est publié en mai 1978 dans l'indifférence générale ; l'album mis en boîte est néanmoins publié le mois suivant et obtient le même accueil. Par contre, Warner Bros. aux Etats-Unis en signe la distribution locale, le sort en octobre avec succès, Dire Straits parvenant à la 2ème place du Billboard (disque de platine), soutenu par le simple qui est n°4 au début de l'année suivante. Par contre coup, l'Angleterre découvre son trésor caché, et « Sultans of Swing » et l'album y obtiennent une seconde chance. La Presse s'en empare tardivement, et l'album y est à son tour un succès commercial, suivi par l'Europe. Ignoré à sa sortie, « Sultans of Swing » était destiné à devenir l'un des morceaux les plus attendus en concert tout au long de la carrière du groupe. Le toucher délié et la sonorité claire du guitariste impressionnent ses contemporains ; Bob Dylan lui-même et en premier lieu, qui invite Knopfler et son batteur à participer à l'enregistrement aux studios Muscle Shoals de son Slow Train Coming.

L'alchimie de la Strato rouge et du bandana

Malgré l'insuccès du simple suivant en juillet 1979, « Lady Writer », le deuxième album Communiqué en juin aux Etats-Unis puis en août en Angleterre, copie conforme du premier, obtient un succès identique. Mais celui-ci engendre une brouille entre les deux frères et David quitte le quatuor en plein enregistrement du troisième album en été 1980, Mark s'arrogeant l'écriture de toutes les compositions. Il est d'abord remplacé par le mercenaire américain Sid McGinnis, et Roy Bittan du E Street Band de Bruce Springsteen étoffe le son du groupe par ses claviers. Making Movies est alors leur meilleure production (Knopfler & Jimmy Iovine qui a amené Bittan) et les arrangements sont plus fouillés, l'architecture des morceaux plus complexe, tout en conservant un fond country/blues au parfum classique. L'album est soutenu par trois hits mémorables, « Romeo and Juliet », « Skateaway » et « Tunnel of Love ». Perfectionniste, Mark Knopfler remanie encore son entourage, car c'est bien lui le patron du groupe : McGinnis est remplacé par un autre américain, Hal Lindes, tandis que le claviers Alan Clark s'installe. Et Dire Straits livre en été 1982 le très abouti Love Over Gold qui débute en fanfare avec l'interminable « Telegraph Road » et se poursuit avec l'hispanisant « Private Investigations » (le premier simple, n°2 en Grande Bretagne tandis que l'album y est n°1) et « Industrial Disease » (le deuxième 45 tours) puis « Twisting By The Pool » (le troisième). La recette est maintenant éprouvée : longues mélopées avec légère introduction à l'orgue et délicates pointes de piano censées créer une atmosphère mystérieuse, puis entrée de la guitare acérée et de la voix passe partout du guitariste, arpèges de guitare sèche, et enfin changements de tempo tout au long du morceau. Une ambiance proche de celle d'un JJ Cale, ou d'un Chris Rea auquel il est « reproché » de copier Dire Straits depuis 1978 alors qu'il appliquait une formule semblable et un toucher de guitare similaire depuis la même année. Le talent de narrateur de Mark Knopfler est salué comme l'égal d'un Springsteen ou d'un Dylan, dont il produit même l'album Infidels l'année suivante. L'homme à la Stratocaster rouge et à l'éternel bandana sur une calvitie naissante se lance alors avec succès encore dans des projets parallèles ; le cinéma fait appel à lui et il compose dans la foulée les musiques des films Local Hero que son « Going Home » termine (1983), de Comfort and Joy et de Cal (1984). Avant une grande tournée mondiale, Knopfler fait une nouvelle fois le ménage, remplaçant une première fois Pick Withers par Iomar Hakim puis le vétéran Terry Williams. L'inévitable double album live, Alchemy, en est le témoignage en mars 1984, garanti authentique « sans enregistrements additionnels ».

Frères d'armes

Jamais satisfait, Knopfler opère un nouveau chambardement avec la découverte du multi-instrumentiste Guy Fletcher, fils du même Guy Fletcher un moment membre de Roxy Music, et partenaire de Mark Knopfler depuis 1984. Renouvellement bénéfique car l'étape suivante fait d'un Dire Straits estimé, bien intégré au paysage musical ambiant du désert musical de l'époque, un groupe immensément populaire, pourvoyeur de stades complets et énorme vendeur de disques. L'enregistrement du cinquième album Brothers In Arms débute aux studios Air à Montserrat pendant lesquelles d'ultimes retouches sont opérées, Jack Sonni un autre américain remplaçant Lindes, et le batteur de Jazz/Rock Omar Hakim secondant Williams. Il est mis en boîte en quatre mois et sort en mai 1985. Précédé de « So Far Away », les stations lui préfèrent « Money For Nothing » dès la sortie de l'album. Mark Knopfler s'en prend à la chaîne MTV et à la prédominance du sacro saint vidéo clip indispensable à la promotion (« I want my MTV » répété à l'envi) ; son attaque en règle iconoclaste de la chaîne a un effet inverse. Son propre clip acerbe réalisé par ordinateur emballe les producteurs de MTV au sens de l'humour, qui, au lieu de le boycotter, le diffusent en boucle ! Ce titre emblématique à la célèbre intro accrocheuse et aux vocalises de l'invité Sting est aussitôt n°1 aux Etats-Unis, n°4 en Grande Bretagne et un hit mondial, sauf en France qui a un retard à l'allumage. L'album est aussi beaucoup plus dur que les précédents, gagnant au groupe un public plus vaste, pop et rock. Il s'en vend dix millions aux Etats-Unis, y reste n°1 plus de deux mois, et n°1 en Grande Bretagne où il détient le record de la plus grosse vente d'albums de la décennie, et vient en troisième position dans les meilleures ventes de tous les temps. Plus marquant est le fait que ce disque a véritablement lancé l'engouement pour le format CD, alors encore dominé par le LP ; il est d'ailleurs le premier « CD d'or » certifié par l'industrie. Dire Straits enfonce le clou dans la foulée en tournant à travers la planète pendant plus d'un an, effectuant plus de deux cents concerts, notamment treize soirées au Wembley Arena, participant au Live Aid le 13 juillet 1985, et au fameux Tribute to Nelson Mandela le 11 juin 1988 au stade de Wembley, où Eric Clapton interprète son « Wonderful Tonight » accompagné par le groupe, avec Terry Williams dont c'est la dernière apparition avec Dire Straits puisqu'il quitte la formation l'année suivante. La ritournelle « Walk Of Life », puis « So Far Away » et « Your Latest Trick » et l'inévitable best of intitulé judicieusement Money For Nothing (n°1 fin 88 en Grande Bretagne) maintiennent également le groupe au premier plan. Et ce malgré les six années suivantes sans autre nouveauté, les musiciens goûtant des vacances méritées, sauf Knopfler, commissionné pour écrire la musique du film de Rob Reiner The Princess Bride en 1987 qui lui vaut une nomination aux Grammy Awards l'année suivante, et celle de Last Exit To Brooklyn d'Uli Edel en 1989.

Il est libre Mark

Les fans craignent pour leur groupe favori lorsqu'en 1990 Mark Knopfler et Guy Fletcher forment le projet parallèle éphémère The Notting Hillbillies et que John Illsley sort son deuxième album solo de bassiste. Le monde est rassuré en été 1991 lorsque Jeff Porcaro le batteur de Toto est appelé en renfort et que sort le simple « Calling Elvis » (n°7 en France en octobre) qui devance d'un mois la très attendue patate chaude On Every Street, aussitôt n°1 en Grande Bretagne mais dont le soufflé retombe rapidement, malgré un petit millions de copies vendues aux Etats-Unis. En effet l'album est recueilli comme un ratage complet par les critiques et cet ultime album de Dire Straits laisse toujours un goût amer à ses admirateurs depuis treize ans. La tournée 1991/92 ne rencontre pas non plus le succès escompté, et le groupe effectue son dernier concert officiel en date le 9 octobre 1992 à Saragosse en Espagne, le quatuor s'étant reformé en privé le temps de cinq morceaux à l'occasion du mariage de John Illsley en 1999. C'est un Mark Knopfler lassé et désireux depuis longtemps de poursuivre une carrière solo qui saborde son groupe inactif en 1995, laissant une marque indélébile sur la Rock Music des années 80, et un fonds de commerce gratifiant pour Universal qui a écoulé 118 millions d'albums de Dire Straits dans le monde...

Copyright 2014 Music Story Jean-Noël Ogouz

Les sultans du swing

Dire Straits s'est formé milieu 1977 dans le quartier artistique et bohème de Deptford au sud est de Londres : Mark et son frère David Knopfler (guitares & chant), Pick Withers (batterie) et John Illsley (basse). Ils choisissent ce patronyme peu encourageant pour conjurer le sort ( ?) de leur pauvreté. Ils confient une maquette au célèbre musicologue et à l'époque DJ vedette de Radio 1 Charlie Gillett qui la transmet au label Vertigo. Un premier 45 tours « Sultans of Swing », une vignette bluesy et entraînante sur la scène pub rock londonienne, est publié en mai 1978 dans l'indifférence générale ; l'album mis en boîte est néanmoins publié le mois suivant et obtient le même accueil. Par contre, Warner Bros. aux Etats-Unis en signe la distribution locale, le sort en octobre avec succès, Dire Straits parvenant à la 2ème place du Billboard (disque de platine), soutenu par le simple qui est n°4 au début de l'année suivante. Par contre coup, l'Angleterre découvre son trésor caché, et « Sultans of Swing » et l'album y obtiennent une seconde chance. La Presse s'en empare tardivement, et l'album y est à son tour un succès commercial, suivi par l'Europe. Ignoré à sa sortie, « Sultans of Swing » était destiné à devenir l'un des morceaux les plus attendus en concert tout au long de la carrière du groupe. Le toucher délié et la sonorité claire du guitariste impressionnent ses contemporains ; Bob Dylan lui-même et en premier lieu, qui invite Knopfler et son batteur à participer à l'enregistrement aux studios Muscle Shoals de son Slow Train Coming.

L'alchimie de la Strato rouge et du bandana

Malgré l'insuccès du simple suivant en juillet 1979, « Lady Writer », le deuxième album Communiqué en juin aux Etats-Unis puis en août en Angleterre, copie conforme du premier, obtient un succès identique. Mais celui-ci engendre une brouille entre les deux frères et David quitte le quatuor en plein enregistrement du troisième album en été 1980, Mark s'arrogeant l'écriture de toutes les compositions. Il est d'abord remplacé par le mercenaire américain Sid McGinnis, et Roy Bittan du E Street Band de Bruce Springsteen étoffe le son du groupe par ses claviers. Making Movies est alors leur meilleure production (Knopfler & Jimmy Iovine qui a amené Bittan) et les arrangements sont plus fouillés, l'architecture des morceaux plus complexe, tout en conservant un fond country/blues au parfum classique. L'album est soutenu par trois hits mémorables, « Romeo and Juliet », « Skateaway » et « Tunnel of Love ». Perfectionniste, Mark Knopfler remanie encore son entourage, car c'est bien lui le patron du groupe : McGinnis est remplacé par un autre américain, Hal Lindes, tandis que le claviers Alan Clark s'installe. Et Dire Straits livre en été 1982 le très abouti Love Over Gold qui débute en fanfare avec l'interminable « Telegraph Road » et se poursuit avec l'hispanisant « Private Investigations » (le premier simple, n°2 en Grande Bretagne tandis que l'album y est n°1) et « Industrial Disease » (le deuxième 45 tours) puis « Twisting By The Pool » (le troisième). La recette est maintenant éprouvée : longues mélopées avec légère introduction à l'orgue et délicates pointes de piano censées créer une atmosphère mystérieuse, puis entrée de la guitare acérée et de la voix passe partout du guitariste, arpèges de guitare sèche, et enfin changements de tempo tout au long du morceau. Une ambiance proche de celle d'un JJ Cale, ou d'un Chris Rea auquel il est « reproché » de copier Dire Straits depuis 1978 alors qu'il appliquait une formule semblable et un toucher de guitare similaire depuis la même année. Le talent de narrateur de Mark Knopfler est salué comme l'égal d'un Springsteen ou d'un Dylan, dont il produit même l'album Infidels l'année suivante. L'homme à la Stratocaster rouge et à l'éternel bandana sur une calvitie naissante se lance alors avec succès encore dans des projets parallèles ; le cinéma fait appel à lui et il compose dans la foulée les musiques des films Local Hero que son « Going Home » termine (1983), de Comfort and Joy et de Cal (1984). Avant une grande tournée mondiale, Knopfler fait une nouvelle fois le ménage, remplaçant une première fois Pick Withers par Iomar Hakim puis le vétéran Terry Williams. L'inévitable double album live, Alchemy, en est le témoignage en mars 1984, garanti authentique « sans enregistrements additionnels ».

Frères d'armes

Jamais satisfait, Knopfler opère un nouveau chambardement avec la découverte du multi-instrumentiste Guy Fletcher, fils du même Guy Fletcher un moment membre de Roxy Music, et partenaire de Mark Knopfler depuis 1984. Renouvellement bénéfique car l'étape suivante fait d'un Dire Straits estimé, bien intégré au paysage musical ambiant du désert musical de l'époque, un groupe immensément populaire, pourvoyeur de stades complets et énorme vendeur de disques. L'enregistrement du cinquième album Brothers In Arms débute aux studios Air à Montserrat pendant lesquelles d'ultimes retouches sont opérées, Jack Sonni un autre américain remplaçant Lindes, et le batteur de Jazz/Rock Omar Hakim secondant Williams. Il est mis en boîte en quatre mois et sort en mai 1985. Précédé de « So Far Away », les stations lui préfèrent « Money For Nothing » dès la sortie de l'album. Mark Knopfler s'en prend à la chaîne MTV et à la prédominance du sacro saint vidéo clip indispensable à la promotion (« I want my MTV » répété à l'envi) ; son attaque en règle iconoclaste de la chaîne a un effet inverse. Son propre clip acerbe réalisé par ordinateur emballe les producteurs de MTV au sens de l'humour, qui, au lieu de le boycotter, le diffusent en boucle ! Ce titre emblématique à la célèbre intro accrocheuse et aux vocalises de l'invité Sting est aussitôt n°1 aux Etats-Unis, n°4 en Grande Bretagne et un hit mondial, sauf en France qui a un retard à l'allumage. L'album est aussi beaucoup plus dur que les précédents, gagnant au groupe un public plus vaste, pop et rock. Il s'en vend dix millions aux Etats-Unis, y reste n°1 plus de deux mois, et n°1 en Grande Bretagne où il détient le record de la plus grosse vente d'albums de la décennie, et vient en troisième position dans les meilleures ventes de tous les temps. Plus marquant est le fait que ce disque a véritablement lancé l'engouement pour le format CD, alors encore dominé par le LP ; il est d'ailleurs le premier « CD d'or » certifié par l'industrie. Dire Straits enfonce le clou dans la foulée en tournant à travers la planète pendant plus d'un an, effectuant plus de deux cents concerts, notamment treize soirées au Wembley Arena, participant au Live Aid le 13 juillet 1985, et au fameux Tribute to Nelson Mandela le 11 juin 1988 au stade de Wembley, où Eric Clapton interprète son « Wonderful Tonight » accompagné par le groupe, avec Terry Williams dont c'est la dernière apparition avec Dire Straits puisqu'il quitte la formation l'année suivante. La ritournelle « Walk Of Life », puis « So Far Away » et « Your Latest Trick » et l'inévitable best of intitulé judicieusement Money For Nothing (n°1 fin 88 en Grande Bretagne) maintiennent également le groupe au premier plan. Et ce malgré les six années suivantes sans autre nouveauté, les musiciens goûtant des vacances méritées, sauf Knopfler, commissionné pour écrire la musique du film de Rob Reiner The Princess Bride en 1987 qui lui vaut une nomination aux Grammy Awards l'année suivante, et celle de Last Exit To Brooklyn d'Uli Edel en 1989.

Il est libre Mark

Les fans craignent pour leur groupe favori lorsqu'en 1990 Mark Knopfler et Guy Fletcher forment le projet parallèle éphémère The Notting Hillbillies et que John Illsley sort son deuxième album solo de bassiste. Le monde est rassuré en été 1991 lorsque Jeff Porcaro le batteur de Toto est appelé en renfort et que sort le simple « Calling Elvis » (n°7 en France en octobre) qui devance d'un mois la très attendue patate chaude On Every Street, aussitôt n°1 en Grande Bretagne mais dont le soufflé retombe rapidement, malgré un petit millions de copies vendues aux Etats-Unis. En effet l'album est recueilli comme un ratage complet par les critiques et cet ultime album de Dire Straits laisse toujours un goût amer à ses admirateurs depuis treize ans. La tournée 1991/92 ne rencontre pas non plus le succès escompté, et le groupe effectue son dernier concert officiel en date le 9 octobre 1992 à Saragosse en Espagne, le quatuor s'étant reformé en privé le temps de cinq morceaux à l'occasion du mariage de John Illsley en 1999. C'est un Mark Knopfler lassé et désireux depuis longtemps de poursuivre une carrière solo qui saborde son groupe inactif en 1995, laissant une marque indélébile sur la Rock Music des années 80, et un fonds de commerce gratifiant pour Universal qui a écoulé 118 millions d'albums de Dire Straits dans le monde...

Copyright 2014 Music Story Jean-Noël Ogouz

Les sultans du swing

Dire Straits s'est formé milieu 1977 dans le quartier artistique et bohème de Deptford au sud est de Londres : Mark et son frère David Knopfler (guitares & chant), Pick Withers (batterie) et John Illsley (basse). Ils choisissent ce patronyme peu encourageant pour conjurer le sort ( ?) de leur pauvreté. Ils confient une maquette au célèbre musicologue et à l'époque DJ vedette de Radio 1 Charlie Gillett qui la transmet au label Vertigo. Un premier 45 tours « Sultans of Swing », une vignette bluesy et entraînante sur la scène pub rock londonienne, est publié en mai 1978 dans l'indifférence générale ; l'album mis en boîte est néanmoins publié le mois suivant et obtient le même accueil. Par contre, Warner Bros. aux Etats-Unis en signe la distribution locale, le sort en octobre avec succès, Dire Straits parvenant à la 2ème place du Billboard (disque de platine), soutenu par le simple qui est n°4 au début de l'année suivante. Par contre coup, l'Angleterre découvre son trésor caché, et « Sultans of Swing » et l'album y obtiennent une seconde chance. La Presse s'en empare tardivement, et l'album y est à son tour un succès commercial, suivi par l'Europe. Ignoré à sa sortie, « Sultans of Swing » était destiné à devenir l'un des morceaux les plus attendus en concert tout au long de la carrière du groupe. Le toucher délié et la sonorité claire du guitariste impressionnent ses contemporains ; Bob Dylan lui-même et en premier lieu, qui invite Knopfler et son batteur à participer à l'enregistrement aux studios Muscle Shoals de son Slow Train Coming.

L'alchimie de la Strato rouge et du bandana

Malgré l'insuccès du simple suivant en juillet 1979, « Lady Writer », le deuxième album Communiqué en juin aux Etats-Unis puis en août en Angleterre, copie conforme du premier, obtient un succès identique. Mais celui-ci engendre une brouille entre les deux frères et David quitte le quatuor en plein enregistrement du troisième album en été 1980, Mark s'arrogeant l'écriture de toutes les compositions. Il est d'abord remplacé par le mercenaire américain Sid McGinnis, et Roy Bittan du E Street Band de Bruce Springsteen étoffe le son du groupe par ses claviers. Making Movies est alors leur meilleure production (Knopfler & Jimmy Iovine qui a amené Bittan) et les arrangements sont plus fouillés, l'architecture des morceaux plus complexe, tout en conservant un fond country/blues au parfum classique. L'album est soutenu par trois hits mémorables, « Romeo and Juliet », « Skateaway » et « Tunnel of Love ». Perfectionniste, Mark Knopfler remanie encore son entourage, car c'est bien lui le patron du groupe : McGinnis est remplacé par un autre américain, Hal Lindes, tandis que le claviers Alan Clark s'installe. Et Dire Straits livre en été 1982 le très abouti Love Over Gold qui débute en fanfare avec l'interminable « Telegraph Road » et se poursuit avec l'hispanisant « Private Investigations » (le premier simple, n°2 en Grande Bretagne tandis que l'album y est n°1) et « Industrial Disease » (le deuxième 45 tours) puis « Twisting By The Pool » (le troisième). La recette est maintenant éprouvée : longues mélopées avec légère introduction à l'orgue et délicates pointes de piano censées créer une atmosphère mystérieuse, puis entrée de la guitare acérée et de la voix passe partout du guitariste, arpèges de guitare sèche, et enfin changements de tempo tout au long du morceau. Une ambiance proche de celle d'un JJ Cale, ou d'un Chris Rea auquel il est « reproché » de copier Dire Straits depuis 1978 alors qu'il appliquait une formule semblable et un toucher de guitare similaire depuis la même année. Le talent de narrateur de Mark Knopfler est salué comme l'égal d'un Springsteen ou d'un Dylan, dont il produit même l'album Infidels l'année suivante. L'homme à la Stratocaster rouge et à l'éternel bandana sur une calvitie naissante se lance alors avec succès encore dans des projets parallèles ; le cinéma fait appel à lui et il compose dans la foulée les musiques des films Local Hero que son « Going Home » termine (1983), de Comfort and Joy et de Cal (1984). Avant une grande tournée mondiale, Knopfler fait une nouvelle fois le ménage, remplaçant une première fois Pick Withers par Iomar Hakim puis le vétéran Terry Williams. L'inévitable double album live, Alchemy, en est le témoignage en mars 1984, garanti authentique « sans enregistrements additionnels ».

Frères d'armes

Jamais satisfait, Knopfler opère un nouveau chambardement avec la découverte du multi-instrumentiste Guy Fletcher, fils du même Guy Fletcher un moment membre de Roxy Music, et partenaire de Mark Knopfler depuis 1984. Renouvellement bénéfique car l'étape suivante fait d'un Dire Straits estimé, bien intégré au paysage musical ambiant du désert musical de l'époque, un groupe immensément populaire, pourvoyeur de stades complets et énorme vendeur de disques. L'enregistrement du cinquième album Brothers In Arms débute aux studios Air à Montserrat pendant lesquelles d'ultimes retouches sont opérées, Jack Sonni un autre américain remplaçant Lindes, et le batteur de Jazz/Rock Omar Hakim secondant Williams. Il est mis en boîte en quatre mois et sort en mai 1985. Précédé de « So Far Away », les stations lui préfèrent « Money For Nothing » dès la sortie de l'album. Mark Knopfler s'en prend à la chaîne MTV et à la prédominance du sacro saint vidéo clip indispensable à la promotion (« I want my MTV » répété à l'envi) ; son attaque en règle iconoclaste de la chaîne a un effet inverse. Son propre clip acerbe réalisé par ordinateur emballe les producteurs de MTV au sens de l'humour, qui, au lieu de le boycotter, le diffusent en boucle ! Ce titre emblématique à la célèbre intro accrocheuse et aux vocalises de l'invité Sting est aussitôt n°1 aux Etats-Unis, n°4 en Grande Bretagne et un hit mondial, sauf en France qui a un retard à l'allumage. L'album est aussi beaucoup plus dur que les précédents, gagnant au groupe un public plus vaste, pop et rock. Il s'en vend dix millions aux Etats-Unis, y reste n°1 plus de deux mois, et n°1 en Grande Bretagne où il détient le record de la plus grosse vente d'albums de la décennie, et vient en troisième position dans les meilleures ventes de tous les temps. Plus marquant est le fait que ce disque a véritablement lancé l'engouement pour le format CD, alors encore dominé par le LP ; il est d'ailleurs le premier « CD d'or » certifié par l'industrie. Dire Straits enfonce le clou dans la foulée en tournant à travers la planète pendant plus d'un an, effectuant plus de deux cents concerts, notamment treize soirées au Wembley Arena, participant au Live Aid le 13 juillet 1985, et au fameux Tribute to Nelson Mandela le 11 juin 1988 au stade de Wembley, où Eric Clapton interprète son « Wonderful Tonight » accompagné par le groupe, avec Terry Williams dont c'est la dernière apparition avec Dire Straits puisqu'il quitte la formation l'année suivante. La ritournelle « Walk Of Life », puis « So Far Away » et « Your Latest Trick » et l'inévitable best of intitulé judicieusement Money For Nothing (n°1 fin 88 en Grande Bretagne) maintiennent également le groupe au premier plan. Et ce malgré les six années suivantes sans autre nouveauté, les musiciens goûtant des vacances méritées, sauf Knopfler, commissionné pour écrire la musique du film de Rob Reiner The Princess Bride en 1987 qui lui vaut une nomination aux Grammy Awards l'année suivante, et celle de Last Exit To Brooklyn d'Uli Edel en 1989.

Il est libre Mark

Les fans craignent pour leur groupe favori lorsqu'en 1990 Mark Knopfler et Guy Fletcher forment le projet parallèle éphémère The Notting Hillbillies et que John Illsley sort son deuxième album solo de bassiste. Le monde est rassuré en été 1991 lorsque Jeff Porcaro le batteur de Toto est appelé en renfort et que sort le simple « Calling Elvis » (n°7 en France en octobre) qui devance d'un mois la très attendue patate chaude On Every Street, aussitôt n°1 en Grande Bretagne mais dont le soufflé retombe rapidement, malgré un petit millions de copies vendues aux Etats-Unis. En effet l'album est recueilli comme un ratage complet par les critiques et cet ultime album de Dire Straits laisse toujours un goût amer à ses admirateurs depuis treize ans. La tournée 1991/92 ne rencontre pas non plus le succès escompté, et le groupe effectue son dernier concert officiel en date le 9 octobre 1992 à Saragosse en Espagne, le quatuor s'étant reformé en privé le temps de cinq morceaux à l'occasion du mariage de John Illsley en 1999. C'est un Mark Knopfler lassé et désireux depuis longtemps de poursuivre une carrière solo qui saborde son groupe inactif en 1995, laissant une marque indélébile sur la Rock Music des années 80, et un fonds de commerce gratifiant pour Universal qui a écoulé 118 millions d'albums de Dire Straits dans le monde...

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