Ce recueil contient une dizaine de discours et conférences: une mention spéciale au "Discours des deux méthodes" qui fut prononcé devant 8000 personnes à Lille en 1900!
A cette époque Jules Guesde du Parti Ouvrier Français, socialiste lui aussi, montrait son désaccord avec Jaurès sur deux points: la bataille (trop longue selon lui) autour de l'affaire Dreyfus et le soutien (contraire à la lutte des classes) au socialiste Millerand lors de son entrée au gouvernement "bourgeois" de l'époque.
Le but de Jaurès était de convaincre son auditoire de l'importance de l'unité dans le Parti Socialiste face à des problèmes majeurs, peu importent les différences de points de vue internes.
De façon habile et intelligente, il réussit à démontrer que son soutien n'est pas en contradiction avec la lutte des classes ou avec Marx, qu'il cite. Puis il rappelle l'affaire Dreyfus qu'il défendit avec, au début, l'approbation indéniable de Guesde dont il rapporte les propos, au nom de la justice et de l'humanité!
Il parvient ensuite par différents exemples historiques à prouver que parfois, pour atteindre un but, pour résister, il faut accepter certaines lois contraires à ses principes. D'ailleurs, ajoute-t-il, les maires et députés socialistes, pourtant contre le gouvernement, n'acceptent-ils pas les règles du système! Ce qui ne revient pas à se renier soi-même, mais à permettre des avancées dans ses idées, ou à contrôler les actes du gouvernement.
Ainsi, conclut-il sur l'importance, malgré les dissensions internes, d'unifier le Parti Socialiste et de discuter "en camarades"
On imagine la tête de tous ces gens éberlués rien qu'aux "applaudissements et bravos répétés" indiqués en fin de discours!