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Discours sur les sciences et les arts [Poche]

Jean-Jacques Rousseau
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Présentation de l'éditeur

En 1749, l'Académie de Dijon met au concours la question suivante : Si le rétablissement des sciences et des arts a contribué à épurer les moeurs. Alors qu'il va rendre visite à Diderot prisonnier à Vincennes, Rousseau feuillette le Mercure de France qui publie la question : « Si jamais quelque chose a ressemblé à une inspiration subite, écrira-t-il plus tard, c'est le mouvement qui se fit en moi à cette lecture ; tout à coup, je me sens l'esprit ébloui de mille lumières ; des foules d idées vives s'y présentèrent à la fois avec une force et une confusion qui me jeta dans un trouble inexprimable. » Ces lumières subites, Rousseau nous les donne à murir dans ce discours qui remporta le premier Prix de l'Académie et le fit connaître du public. On y discerne déjà tous ses talents d'orateur et de grand théoricien. --Ce texte fait référence à l'édition CD .

Détails sur le produit

  • Poche: 92 pages
  • Editeur : Le Livre de Poche (23 juin 2004)
  • Collection : Libretti
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2253193194
  • ISBN-13: 978-2253193197
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 La culture, ennemie de la vertu ?, 24 février 2012
Par 
Solvent (Paris) - Voir tous mes commentaires
(TOP 1000 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Discours sur les sciences et les arts (Poche)
Ce texte qui rendit Rousseau si célèbre - à son grand désespoir, s'il faut l'en croire - entend répondre à la question posée, en 1749, par l'Académie de Dijon : "Si le rétablissement des sciences et des arts a contribué à épurer les m½urs". La réponse spontanée serait bien sûr : "oui" ; mais dans son discours bref et comme plein d'énergie, le Citoyen de Genève entend nous démontrer le contraire.
Non, les sciences et les arts n'épurent pas les m½urs ; ils sont bien plutôt l'indice et la cause de la décadence des nations, ce que l'Histoire viendrait confirmer par de nombreux exemples : le peuple romain, rugueux et authentique, a triomphé des Carthaginois raffinés ; c'est après un siècle de haute culture qu'Athènes et les autres cités grecques sont tombées sous le joug Macédonien. Constantinople, enfin, qui conservait les arts et les sciences comme un trésor durant le mâle Moyen-Âge, a été le théâtre des plus sombres complots. C'est que les sciences et les arts ne rendent pas vertueux : ils ne font que pousser les hommes à singer la vertu par la politesse, et à cultiver leur paraître social, qui excuse toutes les vilénies si elles sont exécutées avec esprit... Voilà ce qui nous éloigne de l'authentique vertu, et de la patrie chère aux Romains. Sciences et art, indissociables du luxe et de l'oisiveté, naissent des défauts humains, et corrompent le bon goût. L'oisiveté qu'impliquent ces activités contemplatives ôte à la construction du bien commun des hommes qui eussent été utiles à leur patrie et à l'humanité. Rousseau répond donc par la négative à la question posée par l'Académie : les sciences et les arts constituent un danger pour le caractère des hommes ; le bien de l'humanité est à chercher dans la rudesse des m½urs, une préfiguration du concept d'état de nature...
Ce discours, très vif, se lit de façon fluide ; contrairement à beaucoup d'écrits philosophiques, ici, la thèse repose moins sur une succession de déductions que sur une suite d'exemples historiques (les notes sont, sur ce point, très utiles), et de références à Montaigne. On suit donc Rousseau sans mal dans son argumentation. Je pense qu'on peut recommander ce livre pour s'initier à la philosophie, tant sa facilité d'accès et son refus de l'opinion communément admise en font une lecture plaisante.
Néanmoins, et malgré tout l'intérêt de cette pensée, difficile de ne pas y déceler un certain nombre de paradoxes, que l'auteur essaie de résoudre dans les dernières pages, de façon peu convaincante selon moi : que penser d'un discours érudit qui s'insurge contre l'érudition ? Que penser d'un auteur qui semble espérer la mort des livres, alors qu'il écrit lui-même et qu'il semble beaucoup lire par ailleurs ? etc.
Cet essai passionnant, stimulant, nous force à porter un autre regard sur la culture, ce qui s'avère toujours salutaire, la remise en question étant la meilleure façon d'apprendre à penser par soi-même. Et même s'il est presque impossible d'adhérer à sa thèse, du moins celle-ci enrichit-elle indéniablement notre petit monde intérieur.
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1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 C'est ici que la pensée de Rousseau prend sa source, 26 juillet 2004
Par 
Ce commentaire fait référence à cette édition : Discours sur les sciences et les arts (Poche)
Ce texte, qui passe souvent dans l'ombre du Second Discours, est néanmoins fondamental et contient tout le dynamisme de ce qui sera le rousseauisme: qu'il y ait eu DES progrès, c'est une évidence. En conclure à l'existence de quelque chose comme LE progrès, devant quoi il faudrait s'incliner, c'est une illusion, voire une imposture. C'est cette dissociation qui fait le fond de "l'intuition de Vincennes", explicitée dans cette réponse assez pesamment rhétorique mais qui à elle seule ouvre un horizon nouveau et moderne.
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