| ||||||||||||||||||||||||
Détails sur le produit
Souhaitez-vous compléter ou améliorer les informations sur ce produit ? Ou faire modifier les images?
|
Mots-clés associés par les clients à ce produit(De quoi s'agit-il ?)Cliquez sur un mot-clé pour trouver les produits, discussions et clients qui y sont associés.
|
|
Partagez votre opinion avec les autres clients:
|
||||||||||||||||||||||
|
Commentaires client les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
La culture, ennemie de la vertu ?,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Discours sur les sciences et les arts (Poche)
Ce texte qui rendit Rousseau si célèbre - à son grand désespoir, s'il faut l'en croire - entend répondre à la question posée, en 1749, par l'Académie de Dijon : "Si le rétablissement des sciences et des arts a contribué à épurer les m½urs". La réponse spontanée serait bien sûr : "oui" ; mais dans son discours bref et comme plein d'énergie, le Citoyen de Genève entend nous démontrer le contraire.Non, les sciences et les arts n'épurent pas les m½urs ; ils sont bien plutôt l'indice et la cause de la décadence des nations, ce que l'Histoire viendrait confirmer par de nombreux exemples : le peuple romain, rugueux et authentique, a triomphé des Carthaginois raffinés ; c'est après un siècle de haute culture qu'Athènes et les autres cités grecques sont tombées sous le joug Macédonien. Constantinople, enfin, qui conservait les arts et les sciences comme un trésor durant le mâle Moyen-Âge, a été le théâtre des plus sombres complots. C'est que les sciences et les arts ne rendent pas vertueux : ils ne font que pousser les hommes à singer la vertu par la politesse, et à cultiver leur paraître social, qui excuse toutes les vilénies si elles sont exécutées avec esprit... Voilà ce qui nous éloigne de l'authentique vertu, et de la patrie chère aux Romains. Sciences et art, indissociables du luxe et de l'oisiveté, naissent des défauts humains, et corrompent le bon goût. L'oisiveté qu'impliquent ces activités contemplatives ôte à la construction du bien commun des hommes qui eussent été utiles à leur patrie et à l'humanité. Rousseau répond donc par la négative à la question posée par l'Académie : les sciences et les arts constituent un danger pour le caractère des hommes ; le bien de l'humanité est à chercher dans la rudesse des m½urs, une préfiguration du concept d'état de nature... Ce discours, très vif, se lit de façon fluide ; contrairement à beaucoup d'écrits philosophiques, ici, la thèse repose moins sur une succession de déductions que sur une suite d'exemples historiques (les notes sont, sur ce point, très utiles), et de références à Montaigne. On suit donc Rousseau sans mal dans son argumentation. Je pense qu'on peut recommander ce livre pour s'initier à la philosophie, tant sa facilité d'accès et son refus de l'opinion communément admise en font une lecture plaisante. Néanmoins, et malgré tout l'intérêt de cette pensée, difficile de ne pas y déceler un certain nombre de paradoxes, que l'auteur essaie de résoudre dans les dernières pages, de façon peu convaincante selon moi : que penser d'un discours érudit qui s'insurge contre l'érudition ? Que penser d'un auteur qui semble espérer la mort des livres, alors qu'il écrit lui-même et qu'il semble beaucoup lire par ailleurs ? etc. Cet essai passionnant, stimulant, nous force à porter un autre regard sur la culture, ce qui s'avère toujours salutaire, la remise en question étant la meilleure façon d'apprendre à penser par soi-même. Et même s'il est presque impossible d'adhérer à sa thèse, du moins celle-ci enrichit-elle indéniablement notre petit monde intérieur. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
C'est ici que la pensée de Rousseau prend sa source,
Par fawnes (Paris France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Discours sur les sciences et les arts (Poche)
Ce texte, qui passe souvent dans l'ombre du Second Discours, est néanmoins fondamental et contient tout le dynamisme de ce qui sera le rousseauisme: qu'il y ait eu DES progrès, c'est une évidence. En conclure à l'existence de quelque chose comme LE progrès, devant quoi il faudrait s'incliner, c'est une illusion, voire une imposture. C'est cette dissociation qui fait le fond de "l'intuition de Vincennes", explicitée dans cette réponse assez pesamment rhétorique mais qui à elle seule ouvre un horizon nouveau et moderne.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Partagez votre opinion avec les autres clients: Créer votre propre commentaire
|
|
|
|
|