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David Lurie est enseignant au Cap, en Afrique du Sud, passionné par les œuvres de Byron et de Wordsworth. Il a 52 ans, il est père et a deux fois divorcé. Dans son genre, c'est un Casanova. La question de sa vie sexuelle est facilement résolue : il paye une femme légère et chaque jeudi de la semaine est "une oasis de luxe et de volupté". Sur le chemin des écoliers, il croise l'une de ses étudiantes, Mélanie Isaacs. Il la séduit. Mais cette relation a tôt fait de faire scandale. Le professeur est démissionné pour "harcèlement sexuel". Pour éviter le regard critique de la ville, il se rend chez sa fille, Lucy, propriétaire d'une petite exploitation agricole en province. Là, il assiste aux tâches quotidiennes de la campagne, des ventes de fruits et légumes à la protection des animaux, à la violence aussi, qui monte depuis la ville, partagée entre le vol et le viol…
Avec Scènes de la vie d'un jeune garçon, son précédent roman, John Michael Coetzee mêlait son histoire personnelle à celle de l'Afrique du Sud des années d'après-guerre. Ici, il récidive, à la troisième personne, associant l'intime et l'universel, l'histoire entre un père et sa fille et l'histoire d'un homme en quête de sens. Avec un humour distant d'abord, sans être froid, qui se confronte à une réalité âpre. On aurait aimé que l'humour demeure, cela n'aurait rien enlevé à la densité du récit… --Céline Darner
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Disgrâce (Booker Price 99, le second quobtient Coetzee) paraît en français au moment où ce dernier quitte lAfrique du Sud pour lAustralie. Remarque qui nest pas anodine, mais qui pourrait induire en erreur, car il serait navrant de réduire ce roman à celui de l'après apartheid. Certes, il lest aussi, avec une vigueur et une audace incroyables : Coetzee nhésite pas à y pointer, sans la condamner (il nen a plus la force), la violence aveugle du ressentiment noir à légard des blancs, qui transforme parfois les «anciens esclaves» en bourreaux. La grande campagne de réparation des préjudices sachève ici dans le viol de la fille du héros, viol que nul ne songe à dénoncer, pas même elle, qui simagine quil sagit du prix à payer pour rester là
Combien oseraient pareil thème ?
Dans une écriture souvent âpre, dun scepticisme corrosif et cependant exempte de tout cynisme, il signe un texte très haut dessus de tout ce qui peut se lire aujourdhui. Une écriture travaillée dans le dessèchement de la langue anglaise, incapable de restituer la vérité de lAfrique du sud. Ecriture du renoncement, à limage de son héros, quinquagénaire en proie aux affres de la passion. Une écriture qui ne sexhibe pourtant pas dans les apories de la sincérité ou lavilissement de laveu.
Progressivement exclu du monde, le héros ne trouve refuge que dans son imaginaire, un opéra quil compose sur les derniers amours de Lord Byron. Mais il ne sait écrire quune cantilène presque monocorde, à lexacte facture du roman au sein duquel la langue, superbement, semble vouloir séteindre. --Joël Jégouzo
Dans une écriture souvent âpre, dun scepticisme corrosif et cependant exempte de tout cynisme, il signe un texte très haut dessus de tout ce qui peut se lire aujourdhui. Une écriture travaillée dans le dessèchement de la langue anglaise, incapable de restituer la vérité de lAfrique du sud. Ecriture du renoncement, à limage de son héros, quinquagénaire en proie aux affres de la passion. Une écriture qui ne sexhibe pourtant pas dans les apories de la sincérité ou lavilissement de laveu.
Progressivement exclu du monde, le héros ne trouve refuge que dans son imaginaire, un opéra quil compose sur les derniers amours de Lord Byron. Mais il ne sait écrire quune cantilène presque monocorde, à lexacte facture du roman au sein duquel la langue, superbement, semble vouloir séteindre. --Joël Jégouzo


