On connaît tous la chanson : « si je devais emmener un disque sur une île déserte...... » eh bien, madame, il y a de fortes chances que cela soit celui-ci ! Car en effet, si Disintegration ne peut prétendre illustrer à lui seul l'univers musical d'un groupe aussi monumental et polymorphe que the Cure - qui restera probablement, on ne le rappellera jamais assez, le seul groupe à pouvoir faire l'unanimité aussi bien chez les gothiques les plus extrémistes que pour le grand public, et ce toutes générations confondues - il en restera sans conteste l'opus le plus achevé dans le fond, la forme et l'esprit, alliant merveilleusement ambiances éthérées et légèreté pudique sans jamais sombrer dans la facilité d'un glauque nombriliste ou de tubes sirupeux du style graine à charts... Disintegration est un album d'une cohérence remarquable ; cela tient sans doute au fait qu'il ait été pensé à l'époque pour être le tout dernier album de ce combo mythique, comme Smith l'avait présenté en son temps et comme le résume parfaitement « Untitled », le titre qui clôture ce chef d'oeuvre : « never dream of you again... »...