1537. Le Roi Henry VIII s'est débarrassé de sa seconde épouse, Anne Boleyn, pour se remarier avec Jane Seymour. Excommunié, il répond à la papauté par l'Acte de Suprématie de novembre 1534 qui fonde l'Eglise anglicane et par lequel il se déclare l'unique Chef Suprême sur terre de l'Église d'Angleterre. Ainsi doté d'un pouvoir absolu, il entame, avec l'aide de son conseiller Thomas Cromwell, le processus de dissolution qui entraîne la destruction des petits monastères et en confisque les biens qui sont sécularisés. Quand la rébellion menace au caeur des monastères plus importants, Cromwell envoie des enquêteurs chargés de recueillir des preuves de tout ce qui pourrait témoigner en leur défaveur afin d'entraîner leur soumission volontaire à la dissolution. Mais dans le lointain Monastère Bénédictin de Scarnsea - un lieu fictionnel planté au bord de la mer dans les marais du Sussex - un enquêteur est décapité dans des circonstances mystérieuses. Cromwell y délègue alors l'avocat bossu Matthew Shardlake, chargé d'enquêter sur les motifs de ce meurtre obscur. Evidemment, la comparaison avec Le Nom de la Rose qui se déroulait deux siècles auparavant, s'impose d'office mais Dissolution est loin d'être un plagiat : doté d'une atmosphère propre typique des romans de détective britanniques ainsi que d'un contexte politique différent et rédigé d'une manière plus fluide, ce livre captive et, même si l'auteur n'a probablement pas l'érudition d'Umberto Eco, il n'en éclaire pas moins une période turbulente finalement assez mal connue de l'histoire de l'Angleterre des Tudor. Au-delà, c'est aussi et surtout l'histoire tragique d'un homme convaincu au départ de la nécessité de la réforme mais dont les motivations spirituelles ne résisteront pas aux multiples révélations qui lui seront faites. Recommandé.