Après Haendel et Rossini, JoyceDiDonato nous revient avec ce nouveau CD, et c'est de nouveau un enchantement total!
Voix somptueuse, technique enthousiasmante. Et là encore, elle confirme que la beauté du timbre et la virtuosité ne sont que des instruments mis au service de ce qui représente l'aboutissement d'une interprétation: l'expressivité ! Quelle richesse de couleurs, quelle intelligence du texte, quelle sensibilité! L'engagement dans l'interprétation est exceptionnel, et ce, quel que soit le registre : dans l'expression de la douceur, ou dans celle de l'ardeur et de l'exaltation, elle nous transporte émotionnellement très loin.
Dans ce CD, où elle interprète successivement des personnages féminins et des rôles travestis, autour d'un thème commun (La Clémence de titus, Les Noces de Figaro, Romeo et Juliette .....), on la retrouve, pour notre plus grand bonheur, dans un certain nombre de classiques du répertoire de mezzo, rôles travestis de Mozart (Cherubino, Sesto), mais aussi dans des rôles de soprano (Vitellia, Suzanne). La souplesse de la voix, sa fluidité, l'aisance à la fois dans les écarts de tessiture, ainsi que dans les aigüs et la conduite des pianissimi, lui permettent de briller dans tous ces rôles où elle apporte en plus la chaleur expressive de sa voix de mezzo.
Magnifiques airs de Rossini (Rosine, Cenerentola) et Bellini (Romeo) également, où l'on a déjà pu admirer son art du Bel Canto !
Mais la surprise vient de vraies raretés au disque : l'air de Chérubin de Massenet, l'air de Siébel du Faust de Gounod, sublimes extraits de Roméo et Juliette de Berlioz ainsi que de la Damnation de Faust.
Dans ces airs, l'élan passionné et juvénile (Massenet, Gounod), le dispute au receuillement le plus pur (Berlioz). Et tout y est merveilleusement dit et prononçé, ce qui est rare chez un interprète dont le français n'est pas la langue maternelle. Ces airs sont un moment de pur enchantement !
Autre incarnation absolue, le Compositeur d'Ariane à Naxos, dont elle exprime à merveille toute l'exaltation, avec là encore des moyens vocaux idéaux. Irmgard Seefried était parfaite dans l'engagement émotionnel chez Karajan, mais avec des aigüs malheureusement déjà trop tendus.
En conclusion, on ne sait où Joyce est la plus accomplie vocalement. Mais ce qui est sûr, c'est qu'on est constamment captivé par ce qui nous arrive aux oreilles et sous le charme !
Mille bravos à cette exceptionnelle chanteuse, et vivement un autre récital ! Bravo aussi à l'Orchestre de l'Opéra de Lyon et à son chef Kazushi Ono, parfaits partenaires !