L’album précédent
Tékitoi ? injectait un peu de contemporanéité dans le raï ancestral des cabarets algérois. Cela n’aura échappé à personne :
Diwan 2 constitue, en explicite dans le titre, le deuxième service d’une exploration des racines de Taha, entamée huit ans auparavant (avec…
Diwan).
Agrémenté d’une belle et digne photo, marquée au coin de l’atmosphère du film
Indigènes, le disque offre une majorité de titres traditionnels en arabe (ainsi de
« Ghanni Li Shwaya », pépite immortalisée par la Diva Oum Kalsoum, et interprétée ici avec le soutien de l’Ensemble de Cordes du Caire). On mentionne également un hommage appuyé, et double, à Dahmane El Harrachi, dont le
« Ya Rahah », fleuron du répertoire de Taha depuis plusieurs années, est désormais devenu le chant de ralliement de la jeunesse arabophone.
L’Afrique est présente grâce au camerounais Francis Bébey et une amusante chanson de geste conjugale (
« Agatha »). Mais, paradoxalement, le titre le plus fort du programme reste sans nul doute un
« Ecoute moi camarade » emprunté au répertoire de Mohamed Mazouni, chantre de l’exil algérien des années 60. La triste histoire d’un homme amoureux (et le rappel en creux de la misère sexuelle affectant tout travailleur immigré) est mise en musique dans la répétitivité lancinante d’un folk song de haute volée.
Et les arrangements (chœurs de vierges en introduction, et trompette bouchée de série b tout du long) magnifient ce conte désolant pour grandes personnes. Suivront la fièvre de la danse (avec
« Kifache Rah », ou la déclinaison de l’électricité de la musique urbaine chaâbi), et les sourires, et les danses. Et écouter
« Joséphine », l’une des co-compositions du chanteur avec l’ami de toujours, le producteur Steve Hillage, c’est immédiatement cesser de s’interroger quant à la place dévolue au rock, et celle réservée à la musique ethnique.
Diwan 2, sans doute plus profond, et mélancolique, que la première livraison du genre, offre, en résumé saisissant, tous les voyages auxquels se prêtent volontiers Taha : les origines algériennes, son pays d’adoption, la culture pan-arabe et panafricaine, et l’énergie du binaire. Un album étincelant de modernité et d’archaïsme, une inspiration sans cesse nourrie, et sans cesse renouvelée.
Christian Larrède - Copyright 2012 Music Story
Edition limitée digisleeve : CD + DVD (un documentaire de 45' sur la tournée 2006 de Rachid Taha en Algérie) 8 ans après l'album « Diwan », son premier hommage aux classiques du répertoire oriental, Rachid Taha poursuit son voyage, à la fois musical et initiatique, avec « Diwan 2 ». Comme sur le premier volume, Rachid y revisite quelques uns des grands noms de la chanson arabe comme Oum Kolsoum ou Dahmanne El Harachi (auteur-compositeur du tube « Ya Rayah », présent sur « Diwan »). Le versant pop de cette musique est aussi présent avec un titre de Mazouni, star de la variété francarabe dans les années 70, dont Rachid reprend « Ecoute-moi camarade », le premier single extrait de l'album. « Diwan 2 » regroupe 11 chansons dont 9 reprises, parmi les plus grandes chansons issues du monde arabe. Avec ce « Diwan 2 », Rachid écrit une magnifique nouvelle page d'un blues hypnotique et fédérateur