J'avais très peur qu'après avoir vu la merveilleuse
trilogie leonienne je ne puisse apprécier les joies d'un film plus artisanal tel que Django ! En vérité, je n'ai pas été déçu, j'ai passé un très bon moment. L'histoire est plutôt bien cousue, pas un seul instant on ne s'ennuie. Franco Nero joue fort bien les héros tourmentés et ténébreux. J'ai apprécié la façon dont il occultait son visage avec son chapeau et le mystère qui planait au début autour de son cercueil au point qu'on le prenne pour un fossoyeur errant. Les personnages ne manquent pas de profondeur, comme la belle femme rousse dont l'amour parvient à guider Django sans qu'il n'en prenne conscience au début. Je me suis amusé avec la bataille des femmes dans la boue, l'idée était très bonne et ajoute une touche ubuesque qui n'est pas sans déplaire ! Si la trilogie de Sergio Leone présentait un monde aride et sec, ici c'est tout le contraire ; humidité et boue rendent le film poisseux et lui donnent une autre ambiance, plus automnale, plus crépusculaire. Ce film dépeint des hommes brutaux, fanatiques, qui tuent pour le plaisir, qui coupent des oreilles et malmènent les femmes. Rien de très joyeux. Django passerait pour un ange, taciturne certes, mais bienveillant. La scène finale était esthétiquement très réussie et a achevé en beauté ce film.