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Doggy Bag : Saison 3 [Poche]

Philippe Djian
4.0 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (3 commentaires client)

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Prix Amazon Neuf à partir de Occasion à partir de
Broché EUR 18,53  
Poche --  

Description de l'ouvrage

octobre 2007 Domaine Français
Lorsqu'ils avaient vingt ans, David et Marc Sollens ont failli s'entretuer pour Edith - laquelle, amoureuse des deux garçons, en a profité pour s'enfuir avec un troisième larron avant que les choses ne tournent encore plus mal. Ils ont aujourd'hui la quarantaine et elle revient. Aïe !
Tout autour, la ville miroite et clapote. Edith, qui eut longtemps la phobie de l'eau, surmonte brillamment l'épreuve. Elle revient de loin... Elle gère tout ça. Dans l'ensemble, il s'agit d'un équilibre précaire, assez étonnant, si branlant qu'il en acquiert une sourde fermeté - tout rompant qu'il s'affirme avec les lois les plus élémentaires de la physique des corps qui s'entrechoquent. Mais, comme toujours, et une fois de plus, le seul problème est de trouver la bonne cadence pour la lecture, la bonne foulée. Sinon quoi d'autre ?

Ph. Djian

Philippe Djian est né en 1949 à Paris. C'est en vou­lant essayer une machine à écrire, donnée par un ami, qu'il entame l'écriture des nouvelles qui composeront 50 contre 1. Deux romans paraissent : Bleu comme l'enfer et Zones érogènes (Éditions Bernard Barrault). Mais le succès auprès du grand public vient en 1985 avec l'adaptation au cinéma de 37°2 par Jean-Jacques Beinex. Traduit dans vingt pays, le roman connaît un succès retentissant. Philippe Djian a écrit depuis de nombreux romans dont notamment Échine, Maudit Manège, Frictions, Impuretés... Avec Doggy bag, il invente un nouveau genre en appliquant au roman les codes de la série télé. Les quatrième et cinquième saisons ont paru en 2007 aux Editions Julliard.

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Descriptions du produit

Extrait

Au lieu de crier, elle se mordit la lèvre.
Dieu merci, il ne lui avait pas arraché la croix qu'elle portait au cou.
Elle se renfonça dans la sciure et les copeaux, dans le fond de la camionnette.
Roger se tenait dans l'encadrement. Le soufflement de la portière s'ouvrant, coulissant sur son rail, semblait encore suspendu dans l'air. Derrière lui, le jour se couchait sur les bois, quelques nuages obscurcissaient le ciel. Un fort parfum de terre et de feuillure frappa le visage d'Irène qui sentit sur ses joues le fil glacé des larmes qu'elle avait versées sur son sort.
Sa gorge était paralysée, si bien qu'elle était inca­pable de dire quoi que ce soit, incapable de hurler. Seul un misérable petit couinement de souris lui échappa des lèvres.
Il se pencha et lui saisit une cheville. Il la tira comme un énorme gigot. Avec horreur, elle s'aperçut que c'était sa culotte qui dépassait de la poche de Roger, de sa chemisette ouverte sur son poitrail. Sa culotte qu'elle avait cherchée partout. Puis il l'empoigna - il empoigna Irène - et la jeta au bas de la camionnette, sur un sol pierreux.
Atterrissage brutal. La forêt tourna dans les airs, autour d'elle. Le choc lui en avait coupé le souffle. Il la traîna. Elle avait à peine le temps de voir ce qui se passait, il la trimbalait au travers d'une herbe coupante, touffue, comme un vulgaire sac de linge sale qui bondissait au gré des bosses. Des brindilles craquaient à leur passage. Des oiseaux s'envolaient, traversaient le ciel qui avait pris des reflets presque verdâtres.
La journée avait pourtant été magnifique, une journée comme les mères les aimaient, mariant un fils le matin et s'envoyant en l'air en fin d'après-midi. Avec cet homme. Avec cet homme qui à présent lui avait cassé le nez et la traînait au milieu d'une clairière sans doute inaccessible, située à des kilomètres du moindre voisinage, au fin fond d'une forêt que d'improbables chasseurs fréquentaient au mieux une fois par an et qui ne figurait même pas sur les cartes de la police. Sa tête valdinguait de droite à gauche. Pourquoi faisait-il ça ? Qu'est-ce qu'elle lui avait fait ? Qu'est-ce qu'elle lui avait dit ? Qu'avait-elle dit ou fait pour que cet homme se transforme en bête sauvage ?
Il s'agissait d'une carrière abandonnée. Quelques bâtiments bas, de béton armé, étaient encore debout derrière des sureaux, mais ne possédaient plus ni portes, ni volets, ni fenêtres. Elle ne criait toujours pas. Elle-même s'en étonnait. Ces bâtiments étaient particulièrement bas de plafond, particulièrement déprimants d'apparence, mais elle tenait sa panique à distance, elle s'efforçait de garder un esprit réceptif.
De son futur bourreau - vu comme l'affaire tournait - elle ne discernait pas grand-chose. Celui-ci n'avait pas davantage prononcé un mot si bien que, cherchant à en savoir un peu plus, elle tentait de surprendre quelque information sur ce visage que l'autre renfrognait au point d'en devenir méconnaissable. Roger était-il un kidnappeur ? Était-ce un désaxé ? Était-il calme, était-il en pleine crise ? Ses cheveux noirs lui tombaient sur les yeux et il avait ce fardeau à traîner, son butin à mettre à l'abri - c'est ainsi qu'elle voyait les choses. Elle sentait que son corps se trouvait d'un côté et son esprit de l'autre. Ils s'arrêtèrent devant une porte. Elle jeta un coup d'oeil à ses cuisses qui étaient couvertes de traînées sombres et d'égratignures. Ces cuisses qu'il avait si gentiment mordillées quelques heures plus tôt.
Une seconde plus tard, il la jetait sur un lit, une espèce de paillasse à même le sol. Elle n'y voyait pratiquement rien, la pièce était sombre. Elle ouvrit la bouche pour protester quand il lui attacha les bras à un tuyau qui courait le long du mur, mais elle se ravisa. Elle se mordit de nouveau les lèvres. Puis il se dressa au-dessus d'elle. Sans réellement le distinguer, elle sentit le regard qu'il posait sur elle.
«C'est donc ça, se dit-elle. Uniquement ça ! Un de plus ! Légèrement plus atteint que les autres, c'est entendu, mais le tronc demeure commun.» Elle en aurait soupiré en d'autres circonstances. C'était tel­lement navrant, tellement décourageant, d'une certaine manière. Et elle ne parlait pas simplement pour lui, elle parlait aussi pour elle. Car elle voulait être franche, elle ne voulait pas apparaître comme la créature sans tache qu'elle n'était pas. Elle avait joui. Que le Seigneur lui pardonne, mais elle avait joui, pourquoi le cacher, elle avait joui, non ? Aussi qu'éprouvait-elle dans ses profondeurs les plus intimes ? Était-ce la pire des situations ? Elle essaya de se persuader que non malgré la douleur qui irradiait depuis le centre de son visage.
Ne pas le contrarier. Elle avait vécu avec des hommes, elle savait ce que cela signifiait. Victor était capable de piquer des colères épouvantables et ses deux fils avaient un fort caractère, l'un et l'autre. Avec le temps, elle avait appris comment les hommes fonctionnaient. Elle baissa la tête. Ne pas le contrarier. Ne pas céder à la panique. Ne pas le contrarier. Ne pas céder à la panique.
«Pourquoi m'attacher ? Je ne vais pas m'enfuir», dit-elle. Elle était presque sincère - bientôt, des serpents allaient lui sortir de la bouche et elle ne l'aurait pas volé. Comment pouvait-elle ressentir de telles choses ? Éprouver des sentiments aussi tordus ? Intérieurement, elle haussa les épaules - en même temps qu'elle rentrait la tête dans les dites épaules.

Présentation de l'éditeur

Lorsqu'ils avaient vingt ans, David et Marc Sollens ont failli s'entre-tuer pour Edith - laquelle, amoureuse des deux garçons, en a profité pour s'enfuir avec un troisième larron avant que les choses ne tournent encore plus mal. Ils ont aujourd'hui la quarantaine et elle revient. Aïe ! Tout autour, la ville miroite et clapote. Edith, qui eut longtemps la phobie de l'eau, surmonte brillamment l'épreuve. Elle revient de loin... Elle gère tout ça. Dans l'ensemble, il s'agit d'un équilibre précaire, assez étonnant, si branlant qu'il en acquiert une sourde fermeté - tout rompant qu'il s'affirme avec les lois les plus élémentaires de la physique des corps qui s'entrechoquent. Mais, comme toujours, et une fois de plus, le seul problème est de trouver la bonne cadence pour la lecture, la bonne foulée. Sinon quoi d'autre ?

Détails sur le produit

  • Poche: 247 pages
  • Editeur : 10 X 18 (octobre 2007)
  • Collection : Domaine Français
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2264045930
  • ISBN-13: 978-2264045935
  • Dimensions du produit: 17,6 x 10,8 x 1,8 cm
  • Moyenne des commentaires client : 4.0 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (3 commentaires client)
  • Classement des meilleures ventes d'Amazon: 118.342 en Livres (Voir les 100 premiers en Livres)
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Commentaires en ligne 

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1 internautes sur 1 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 addict 3 novembre 2009
Format:Poche
quand tu as lu le 1er et le 2ème ... c'est comme une série tv... tu es addict.
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4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le meilleur ? 22 mars 2007
Par blackpoulet VOIX VINE™
Format:Broché|Achat authentifié par Amazon
Quitte à me contredire (cf. commentaires précédents), ce volume centré sur les parents Sollens, est une véritable merveille : personnages qui s'affinent et s'épaississent (vous apprécierez le joli paradoxe), le style au top de l'auteur, l'intrigue qui devient de plus en plus haletante, etc. etc. etc.
Le projet de série, qui (j'ose l'avouer aujourd'hui) était jusqu'alors, pour moi, surtout une donnée marketing, se précise. Mais peut-être est ce parce que je ne suis pas un grand consommateur de séries ? Les deux premiers volumes étaient des romans qui se suivaient. Là, je crois que j'ai pigé : les personnages avancent, on croit les connaître, et puis on découvre qui ils sont, petit à petit. On entre dans leur jardin secret, tout doucement. On ouvre la porte du jardin, derrière la maison : dieu seul sait ce qu'on va découvrir dans les poubelles des personnages, là où ils cachent depuis des années toute leur vie, et tâchent d'avancer masqués... En fait, c'est comme dans la vie : qui connaît ses voisins ? (ne pas ouvrir leurs poubelles, par pitié). Ca me fait penser à la regrettée Boomtown, ou même à Desperates Housewives ou Lost, vous devez voir de quoi je veux parler.

S'il fallait décrire le thème qui motive la saison 3, je dirais qu'il s'agit du Pardon. Tout les personnages sont en quête d'un pardon quel qu'il soit (et à commencer par Irène, biensûr, mais je ne veux rien révéler ...).

Le thème de l'eau se précise, l'inondation entame sa retraite, mais la menace de cet élément plane toujours (on l'entend gronder dans les égouts à la fin du livre). Et les éléments ne sont pas les seuls en furie : c'est le monde entier qui coule. Ce thème de la société qui part en sucette, il est, selon moi, de plus en plus présent depuis « Ca, c'est un baiser ». Dans le monde construit par Djian, tout peut basculer d'une minute à l'autre : un enlèvement, une embuscade, une tentative de meurtre, un suicide. Le monde est dangereux, on en deviendrait presque parano (à moins qu'on ne le soit déjà ?). Les hélicoptères survolent la ville, l'armée parcourt les rues, les policiers ont la main sur l'arme...

La société est au bord du gouffre...
Prêts pour le grand plongeon ?
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4.0 étoiles sur 5 Chouette et suspens 23 avril 2013
Format:Poche|Achat authentifié par Amazon
Suspens sur la vie de cette famille incroyable et sidérante. Même après en avoir lu trois, je ne me lasse pas.
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