Suite directe de The Chronic, pierre fondatrice du G-Funk n°2, même équipe aux manettes, même invités de passage dans la niche du chien (Tha Dogg Pound, Lady of Rage, Nate Dog), juste un peu moins consistante, quelques longueurs, quelques morceaux qui sentent le remplissage ou le recyclage. Mais quand même, Snoop Doggy (à l'époque) Dogg, star immédiate surgit de The Chronic, charisme impressionnant, à la voix traînante au point d'inventer de nouvelle prononciations aux mots, aux noms, survole les beats concoctés par le sorcier de Compton (faut le rappeler, toujours), raconte ses histoires de marie-jeanne (la seule femme qu'il aime), de gangs (fiction ? fantasme ?) de sexe (......classé X......) avec une virtuosité facile, sans avoir l'air d'y toucher, sans même avoir l'air de faire un effort. Alors oui, Snoop aime beaucoup dire son nom, le répéter, à qui veut l'entendre, jusqu'à l'épeler dès fois qu'on serait sourd. Et il faut l'admettre, difficile de ne pas être consternée parfois par la mysoginie crasse des paroles, atteignant le summum sur le très funky et très pornographique "Ain't No Fun". Oui mais voilà, qu'il fasse partager sa vision, disons, limitée, du monde "Doggy Dogg World", qu'il conte l'histoire d'une victime de fusillade "Murder was the Case" ou qu'il se tire le portrait "Tha Shiznit", le flow languide de Snoop est délicieux aux oreilles, et on a qu'une hâte dès qu'il laisse la place à ses complices, certains très honorables (Kurupt, Warren G), c'est qu'il revienne vite glisser ses inventions langagière dans nos trompes auditives. De l'onanisme sonore aussi la production de Dre, ses basses ronflantes, ses synthés clinquants ou inquiétants, ce groove infernal bien souvent, et des tonnes de petites touches et de gimmick se révélant au fil des écoutes, une flute très 70's par ci, un piano de bar par là. De quoi se rincer l'oreille, au delà du concours de beats. Reste la composition, qui délivre une fois de plus une série de classiques brillants, "Gz and Hustlas", hymne de pour fêtes bien arrosées et bien moites "Gin & Juice", et le très décontracté, très groovy et surtout très drôle "Lodi Dodi", où l'élégant Snoop se retrouve confronté à la mère déchaînée d'une ex-amante délaissée, qui voudrait elle aussi jouer au Doggy. Ecouter au delà de la crudité et de l'immaturité des textes, d'un machisme de pacotille dont on se demande à quel point il est sérieux, pour se laisser aller au bonheur à peine coupable de se faire une petite partie de pattes en l'air avec le Dogg et ses copines. Biatch !