André Maurois m'a appris à mieux cerner les personnages, tels que
Lyautey ou
Voltaire sans doute parce qu'il avait su prendre du recul par rapport au héros. Byron (1788 - 1824) a manifestement ébloui Maurois qui écrit les étoiles dans les yeux, traquant la moindre parcelle de lumière noire, paraissant oublieux des redites, des lassantes répétitions d'attitudes à la force écoeurantes, qui en font oublier le personnage central. Le stupide 19° siècle pour reprendre la juste définition de
Léon Daudet ou bien celui du Mensonge (
René Girard) est bien incarné par Lord Byron, nombriliste en diable, intéressé que par sa seule personne, libertin de religion (puissante contrainte), ne dédaignant pas l'inceste (il aura un enfant de sa demie-soeur), bourreau des coeurs, traître au sentiment, usurpateur à la vue basse. Quel pitoyable portrait dégoulinant de médiocrité. Les méchants vers illustrant la biographie surprennent le lecteur de ce que l'auteur, André Maurois, les ait pu trouver sublimes !
Exemple :
"Oublions ces choses - je ne gémirai plus,
Je ne chercherai plus des rives orientales...
... Mais si dans quelque année future
Tu entends parler d'un homme dont les crimes,
S'accordent bien avec des temps si sombres...
Cet homme, tu le connaîtras - et le connaissant,
Considérant l'effet, te souviendras de la cause."
(p.156)
Les excès du romantisme jusqu'au dégoût de soi sont étalés dans ce livre, jusqu'à l'admiration sans faille et partisane de ce lord anglais pour Napoléon ... Au moins, Byron assume-t-il l'état du romantique jusque dans ses plus bas-fonds.
Les femmes trompées se succèdent aux élans du coeur qui remontent tel le fumet des égouts quand ils sont bouchés. Remugle naturellement indigeste, combat de vesses, altération des sens communs ...
Comment diable peut-on apprécier et l'homme et cette biographie par trop complaisante ?
"Sentimental masqué de mépris, mais jamais tout à fait guéri de l'espoir, il haïssait l'hypocrite chasteté qui ne fuit que pour être poursuivie, mais il respectait les émotions tendres dès qu'il les croyait sincères." (p.207) ... le temps d'un vol de papillon.
Il trouvera la mort en prenant parti, armé, pour l'indépendance de la Grèce contre la Turquie. La marche turque, fut donc pour lui, funèbre.