Il s'agit de la reprise du Don Pasquale du MET, qui vit le triomphe d'Anna Netrebko, en 2006. On y retrouve les principaux protagonistes, sauf Florez, remplacé par le jeune ténor Matthew Polenzani (belle voix et joli visage).
C'est le duo Netrebko-Kwiecien (Malatesta) qui remporte la palme, vocalement et scèniquement : virtuosité des échanges, dynamisme des corps et complicité dans l'humour. On a beaucoup commenté (et vu sur YouTube)l'apparition de Netrebko, dans un joli environnement italien, mettant ses bas roses et se trémoussant devant son "frangin" avant de faire un saut périlleux sur son siège. Ses nombreuses pitreries, ses colères et sa façon de briser les meubles et le lit du pauvre Don Pasquale ont beaucoup plu au public. Mais au-delà du comique un peu excessif, la cantatrice a su déployer une voix superbe, parfaitement maitrisée et riche en sonorités.
La production d'Otto Schenk (né en 1930) fait écho à ses représentations viennoises très fouillées et toujours acclamées de par le monde. Le décor de Rol Langenfass, au 1er acte (chez Don Pasquale) est un modèle de décadence, avec un lit pourri, des meubles usés et un bonhomme plein de tics, vêtu comme un clochard et ruminant comme un pauvre débile. On comprend que Norina n'ait pas envie de s'acoquiner avec lui!
John Del Caro assume très bien son rôle, et son célèbre duo du dernier acte avec Malatesta est un grand moment de drôlerie, mais....on a l'impression que le MET a voulu le récompenser de tant de rôles "buffo" routiniers en le mettant enfin au-devant de la scène.
Voir James Levine marcher avec une canne jusqu'à son pupitre est évidemment très émouvant, car après son opération du dos il avait dû annuler pas mal d'engagements.
Mais le public n'avait d'yeux que pour Netrebko, et la presse américaine lui a fait de nouveau un triomphe.