Le pitch : Donnie est un adolescent américain intelligent et confiant mais perturbé, il subit l'hallucination d'un homme déguisé en lapin géant qui lui prédit la fin du monde à une date fixée. Suite à une de ses visions il s'égare en somnambule dans la ville, revient au matin et constate qu'un réacteur d'avion s'est écrasé dans sa chambre. Son mystérieux interlocuteur l'enjoint de commettre divers délits.
A priori, rien de tentant dans ce pitch ?...Voici un film qui a échoué en salle mais qui connut sa gloire en DVD. Les déclarations d'amour à l'endroit de ce petit chef d'oeuvre écrit et réalisé par Richard Kelly sont légion; La finesse émotionnelle et intellectuelle du film ne laisse en rien deviner qu'il a 25 ans au moment du tournage de ce premier long métrage. Linéaire, un pitch ne peut rendre le "pouvoir" de ce petit film, qui est de mêler la critique acerbe de la société américaine, le thriller psychologique, la science, la religion, le rêve, l'amour, avec réussite. Dans un équilibre que l'on ressent comme juste. Je dis volontairement "que l'on ressent" car Donnie Darko fait partie de ces films dont l'on ne saisit pas toute la cohérence - cela sans nous laisser pour autant sur notre faim!
Par conséquent, si vous avez besoin d'un scénario carré pour aimer un film, ne vous y risquez pas, vous vous ennuierez. Mais les tempéraments rêveurs, philosophes, voire religieux, les amoureux du fantastique et surtout des histoires de paradoxes temporels, les amateurs de thriller et de films à charge contre la société actuelle, eux y trouveront probablement un grand plaisir, et émergeront de ces deux heures quinze de film avec un délicat sentiment de gratitude envers le réalisateur. Seuls ceux qui ont vu Donnie Darko pourraient comprendre ce que je veux dire.