Les fans de la galaxie Parliament/Funkadelic apprécieront ce Dope Dogs paru en 1998 de façon confidentielle (le disque fut autoproduit par la « George Clinton enterprise » !), et qui rassemble quatorze plages typiquement P-Funk, donc inclassables et délirantes...
L'album commence très fort avec « Dog star (fly on) », huit minutes de groove rock à ne pas mettre entre toutes les oreilles. Comme les solistes ne sont pas détaillés dans le livret, on ne sait pas qui, de Gary Shider ou Eddie Hazel, malmène ainsi sa guitare électrique sous haute tension, mais le résultat complètement décoiffant n'en est pas moins savoureux.
Pour le reste, on sait simplement que le P-Funk all-stars inclut, entre autres compères, Maceo Parker, Fred Wesley, Greg Boyer, Amp Fiddler, les frères Collins (Catfish et Bootsy), Bernie Worrell, et bien sûr un gang de chanteurs/chanteuses déjantés assez imposant...
George Clinton modèle cet effectif et orchestre de main de maître des télescopages habiles de moult esthétiques (funk, disco, hard-rock, R'n B...), savoureux et rapidement attachants :
Le groove malin de « U.S. Custom Guard Dope Dog » (traversé par des flows de rap bien sentis, et des claviers psychédéliques), le funk schizophrène de « Some next shit » (que ne renierait pas le Prince des années 90), le R'n B lancinant de « Help, Scottie, help », plein d'autodérision, la sauce punk-funk -façon Rick James- de « Back up against the wall », porté par une ligne de basse obsessionnelle...
La pochette en dit long, à elle seule, sur le contenu de ce Dope Dogs qui prouvait en cette fin des années 90, que George Clinton et ses acolytes ne risquaient pas de tomber dans l'oubli...