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La deuxième partie, « Après la douleur », est celle qui m'a le plus marquée, par son originalité, par sa présentation, par la façon dont elle mêle le lecteur à l'histoire. A gauche, chaque page est divisée en deux : au haut de la page, une petite photographie de la chambre d'hôtel dans laquelle Sophie Calle était quand l'homme qu'elle aimait l'a quittée, le téléphone rouge, annonciateur de mauvaises nouvelles, en avant-plan sur le lit. En dessous, blanc sur noir, un texte qui relate la rupture, et cela commence toujours par « Il y a un jour -puis deux, puis trois, chaque page représente un jour de plus...- l'homme que j'aime m'a quittée. C'était le 25 janvier 1985... » 99 pages pour décrire le jour de la rupture. Pourtant on se prend à lire et relire les mêmes phrases avec intérêt, on vit ce deuil avec l'auteur, on ressent avec elle son besoin de se défaire de cette douleur en l'étalant, blanc sur fond noir. Bien sûr, et heureuement, le texte est court, et il change, imperceptiblement d'abord, puis de façon plus remarquable ensuite, il évolue.C'est là que l'artiste réussit à maintenir l'attention du lecteur. L'écriture blanche sur le papier noir devient grise et fonce jusqu'à bientôt disparaître, au bout du deuil. Le paragraphe rétrécit progressivement. Trois mois de deuil, trois mois de pages jusqu'à ce que la douleur devienne plus sourde, moins violente.
A droite, tout un recueil de témoignages oppose les pages répétitives sur la rupture. Sur chaque page, faisant face à celles, noires, de deuil, Sophie Calle a choisi un fond blanc, une photographie éloquente et un témoignage d'une personne, choisie dans l'entourage de l'artiste ou au hasard, qui a répondu à la question : « Quand avez-vous le plus souffert ? » Ces témoignages, toujours brefs, sont souvent poignants, et les douleurs des pages droites et gauches s'opposent inégalement, forçant des questions difficiles. Peut-on comparer les douleurs, les mesurer ... ? Sophie Calle précise qu'en opposant ces témoignages à sa propre douleur, elle a pu relativiser sa peine face à celle des autres. « Douleur exquise » est une belle histoire, mais plus que cela, c'est un questionnement sincère, un périple intellectuel et humain, le tout à découvrir dans des pages crées par une main esthétique, de grande sensibilité, et non dépourvue d'humour. A s'offrir ou offrir pour les fêtes ?
La deuxième partie, « Après la douleur », est celle qui m'a le plus marquée, par son originalité, par sa présentation, par la façon dont elle mêle le lecteur à l'histoire. A gauche, chaque page est divisée en deux : au haut de la page, une petite photographie de la chambre d'hôtel dans laquelle Sophie Calle était quand l'homme qu'elle aimait l'a quittée, le téléphone rouge, annonciateur de mauvaises nouvelles, en avant-plan sur le lit. En dessous, blanc sur noir, un texte qui relate la rupture, et cela commence toujours par « Il y a un jour -puis deux, puis trois, chaque page représente un jour de plus...- l'homme que j'aime m'a quittée. C'était le 25 janvier 1985... » 99 pages pour décrire le jour de la rupture. Pourtant on se prend à lire et relire les mêmes phrases avec intérêt, on vit ce deuil avec l'auteur, on ressent avec elle son besoin de se défaire de cette douleur en l'étalant, blanc sur fond noir. Bien sûr, et heureuement, le texte est court, et il change, imperceptiblement d'abord, puis de façon plus remarquable ensuite, il évolue.C'est là que l'artiste réussit à maintenir l'attention du lecteur. L'écriture blanche sur le papier noir devient grise et fonce jusqu'à bientôt disparaître, au bout du deuil. Le paragraphe rétrécit progressivement. Trois mois de deuil, trois mois de pages jusqu'à ce que la douleur devienne plus sourde, moins violente.
A droite, tout un recueil de témoignages oppose les pages répétitives sur la rupture. Sur chaque page, faisant face à celles, noires, de deuil, Sophie Calle a choisi un fond blanc, une photographie éloquente et un témoignage d'une personne, choisie dans l'entourage de l'artiste ou au hasard, qui a répondu à la question : « Quand avez-vous le plus souffert ? » Ces témoignages, toujours brefs, sont souvent poignants, et les douleurs des pages droites et gauches s'opposent inégalement, forçant des questions difficiles. Peut-on comparer les douleurs, les mesurer ... ? Sophie Calle précise qu'en opposant ces témoignages à sa propre douleur, elle a pu relativiser sa peine face à celle des autres. « Douleur exquise » est une belle histoire, mais plus que cela, c'est un questionnement sincère, un périple intellectuel et humain, le tout à découvrir dans des pages crées par une main esthétique, de grande sensibilité, et non dépourvue d'humour. A s'offrir ou offrir pour les fêtes ?
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