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5.0 étoiles sur 5
UNE HISTOIRE D'HOMME, 25 février 2003
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Doulos (DVD)
Le "Doulos" qui signifie chapeau en argot, plus exactemment celui qui en porte un dans le langage du milieu , "l'indicateur de police", est un film d'hommes, d'amitié entre hommes, peu importe s'ils ne sont pas du même côté de la barrière, question d'estime, d'honneur.
Avec une atmosphère que seul le Maître J.P Melville savait créer, paysages urbains désolés, temps pluvieux, scènes noctures ....
Un superbe film donc, servi par des acteurs de qualité : Jean Paul Belmondo, Serge Reggiani, Michel Piccoli et dans le rôle du policier Jean Desailly.
Malheureusement dans une présentation toujours aussi mesquine, un horrible digipack en papier cartonné !!!
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
MENSONGE TRAHISON FATALITE, MELVILLE CREE SON STYLE, 13 mars 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Doulos (DVD)
LE DOULOS est le huitième film de Jean Pierre Melville, et son deuxième polar. Il y met définitivement en place sa mythologie du polar, inspirée du Film Noir américain qu'il vénère, en stylisant chaque personnage, à chaque action, chaque geste. Le départ de l'intrigue est la suivante :
A sa sortie de prison, le braqueur Maurice Vaugel (Serge Réggiani) abat le receleur Gilbert Varnove, lui subtilise les bijoux d'un casse, et entreprend dans la foulée un cambriolage, avec son complice Rémy. Ils sont dénoncés anonymement à la police...
LE DOULOS tourne autour du code d'honneur (thème cher à l'auteur) du mensonge, de la trahison. "Doulos" en jargon du milieu signifie "indic". Silien, joué par Belmondo, est-il ou non ce "Doulos", qui flirte tantôt avec le milieu, ou son ami l'inspecteur Salignari ? Melville laisse planer le doute, pour nous révéler les dessous de son intrigue qu'à la fin, par quelques flash-back.
La mise en scène est un modèle du genre, à commencer par ce long travelling arrière, pour le générique, où l'on suit Reggiani, que l'on sent déjà frappé par la fatalité. Cadrages rigoureux, ombres pesantes et lumières striées, plans séquences, comme cette scène de huit minutes sans coupure, dans le bureau du commissaire (Jean Dessailly) filmée en panoramique 360°, où quatre acteurs se partagent le cadre. Stupéfiant de maîtrise. A la manière de Robert Bresson, Melville attache de l'importance aux objets, lourds de sens. Ici, le "doulos", le chapeau (à l'opposé de la casquette des gangsters), que les personnages réajustent continuellement devant un miroir. Alain Delon dans LE SAMOURAÏ reprendra ces mêmes gestes. Lorsque Belmondo entre au dancing le Cotton Club, il donne son chapeau au vestiaire, et l'employé y appose un ticket marqué du chiffre 13. Fatalité, encore une fois... LE DOULOS est un film violent, on s'y tire dans le dos, on frappe les femmes. Film sensuel aussi pour l'époque, lorsque le personnage de la pulpeuse Fabienne, joue toute sa scène nue sur son lit, devant Belmondo qui se réajuste après une nuit d'amour.
Dans les années qui suivent, Melville radicalisera encore son style, jusqu'à l'épure. C'est sans doute ce qui a marqué des cinéastes étrangers, comme Jim Jarmush dont le GHOST DOG est une reprise non dissimulée du SAMOURAÏ, ou encore John Woo, qui reprendre presque intégralement la dernière scène du DOULOS dans un de ses premiers film.
Interprété par Belmondo, Réggiani, Dessailly, Piccoli (sublime comme toujours), René Lefèvre, Marcel Cuvelier, LE DOULOS est désormais un classique du genre, ambigu et passionnant.
A noter au générique, comme responsable de la publicité, le jeune Bertrand Tavernier !
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