Doute raconte l'histoire de soeur Beauvier, directrice tyrannique d'une école de paroisse, qui a des soupçons sur la relation particulière qu'entretient son supérieur, le progressiste père Flynn, avec un jeune garçon.
Le réalisateur n'a pas voulu s'attarder sur l'aspect possiblement scandaleux de l'intrigue, il a plutôt montré comment s'enflent les soupçons de la directrice à partir de petits riens, et l'échec du père Flynn à la convaincre qu'il n'est coupable de rien.
L'interprétation est formidable.
J'ai toujours trouvé que Meryl Streep était une grande actrice, mais depuis quelques années, elle est plus encore. Elle a une aisance incroyable à passer d'un rôle à l'autre, d'un registre à l'autre, à saisir un personnage. En directrice tyrannique, il suffit qu'elle apparaisse pour que tous les enfants deviennent silencieux et se tiennent droits, et on en rit parce que nous aussi, plus jeunes, avons connu une terreur de ce genre-là.
Face à elle, Philip Seymour Hoffman, lui aussi grand champion de la métamorphose, nous présente un personnage de prêtre généreux et plein d'amour, tourné vers la modernité et la bonne chair plutôt que l'austérité et l'ascèse.
Au milieu, Amy Adams danse d'un pied sur l'autre, ne sachant pas à quel saint se vouer (si je puis dire).
Pour la réalisation, bien que le film soit tiré d'une pièce de théâtre, Doute ne ressemble pas (ou pas trop) à du théâtre filmé, bien que le sujet, reposant en majeure partie sur la composition des acteurs et les dialogues, aurait pu donner quelque chose de beaucoup plus austère. Il y a donc eu un gros travail d'adaptation pour donner du mouvement.
J'ai moyennement aimé.
Je n'ai pas été déçu par le film, seulement je m'attendais à autre chose. La presse nous le présentait comme un formidable face-à-face où Meryl Streep et Philip Seymour Hoffman s'échangent des répliques venimeuses et mordantes. Je croyais donc que j'allais voir une sorte de "Ridicule" version écclésiastique où les bons mots fusent.
C'est assez loin d'être le cas même si nous avons droit à quelques bonnes répliques qui font mouche. En réalité, Doute est plutôt un exercice de style, agréable à suivre, mais en même temps un peu stérile, sur le doute et la suspicion.
Parce qu'il manque un peu de matière et de réponses, le spectateur, loin de ressentir le doute qu'on essaie d'éveiller en lui, reste plutôt sur sa faim.