Inutile de rappeler qu’après ses frasques commises au sein des Libertines, on attendait Pete Doherty au tournant. On le suspectait même de n’être plus capable de grand chose sans son ex alter ego Carl Barât. Les mauvaises langues ont, encore une fois, eu tort.
Down in Albion est un album de rock tout à fait honorable.
Certes, il ne brille pas du génie accouché par Doherty et Barât, qui valent décidément mieux l’un avec l’autre que séparés. On reconnaît aussi un son très Libertines : le producteur est d’ailleurs le même, le légendaire Mick Jones des Clash. Mais les cordes frénétiques sont bien présentes, et l’écriture de Doherty n’a en rien perdu de sa poésie et de son efficacité.
Down in Albion, dont la pochette est dessinée par le chanteur, tourne autour de la relation ambivalente que Doherty entretient avec l’Angleterre.
Ce dernier se permet d’ailleurs beaucoup de choses sur cet album… même des initiatives à première vue dispensables, et qui s’avèrent plutôt bien vues. Comme, par exemple, faire chanter sa petite amie de l’époque, Kate Moss, dont la voix mal assurée sert finalement
« La Belle et la Bête». Ou un éclectisme qui varie au gré de ses humeurs : le rock référentiel de
« Fuck Forever » (single phare de l’album), la rythmique entraînante de
« Killimangiro », le sensible
« Up the Morning », ou même le reggae bien chaloupé de
« Sticks & Stones ». Le tout porté par le charisme imposant de Pete Doherty, et fort d’une instrumentation solide qui doit beaucoup à la magie que Mick Jones confère aux basses. Bref,
Down in Albion est un disque peut-être un peu long, mais à écouter sans (trop) de modération.
Sophie Rosemont - Copyright 2012 Music Story