La seule véritable « erreur » du cinquième et dernier album de Soundgarden est finalement de sortir après le quatrième,
Superunknown… qui fut, on peut le dire sans se faire taxer « d’exagération chronique du critique rock », un petit chef d’œuvre. Ce disque était, c’est le moins qe l’on puisse dire, attendu au tournant. Souvent mésestimé,
Down on The Upside est un pourtant un bon disque de Soundgarden, qui s’engage, il est vrai, sur des terrains souvent trop pop pour lui…
Soundgarden a co-produit l’album avec Adam Kasper (Mudhoney, Nirvana, Foo Fighters…) et a choisi de mettre ses guitares rugueuses entre parenthèses, excepté sur le grandiloquent
« Pretty Noose » et sur le très « grungy »
« Blow Up The Outside World ». Ici Chris Cornell n’en finit pas d’élargir le spectre de sa voix désormais célèbre, et la machine bien huilée « couplet calme - refrain violent » fonctionne toujours à merveille.
Le bémol de cet ultime album de Soundgarden donc, est plutôt à chercher du côté de sa production, souvent trop propre, cristalline. Les seize titres restent de bonne facture, et n’ont parfois rien à envier aux standards du groupe (l’entraînant
« Burden in My Hand » en tête). Le néophyte de Soundgarden y trouvera son compte sans sourciller.
Ce constat est moins évident pour le véritable adepte de Soundgarden, qui pourra reprocher à son groupe fétiche d’avoir peut-être aseptisé ses compositions... Nous sommes en 1996, ce qu’on a appelé arbitrairement le « grunge » semble toucher à sa fin, et
Down on The Upside en est un joli symbole.
Arnaud De Vaubicourt - Copyright 2012 Music Story