Si Sherlock Holmes, au lieu d'être détective privé et de pourchasser les criminels, avait été médecin, il se serait sans doute appelé House. Ce n'est pas moi qui le dis mais le producteur de ce show qui, à sa quatrième saison, ne montre toujours aucun signe d'essoufflement.
Au-delà des péripéties ponctuelles de chaque épisode, ce qui fait l'intérêt de cette série, c'est sa richesse psychologique qui ne fait que s'intensifier au fur et à mesure que les années passent.
A cela deux raisons, à mon avis. D'une part, la qualité des scénarios en constante progression. D'autre part, le talent de Hugh Laurie qui ne cesse d'affiner son personnage. On ne dira d'ailleurs jamais assez la subtilité de ce comédien que j'avais personnellement découvert, voilà bien des années, dans l'hilarante série de la BBC "Jeeves & Wooster" où il faisait déjà des étincelles.
Si génial soit-il, House est à bien des égards un type imbuvable et par moments nous devrions le détester ou du moins le trouver antipathique. Or nous nous amusons au contraire de son caractère et de ses tics parce que Laurie sait mettre du second degré dans son jeu et de l'ambiguité dans son sarcasme. En fait, je ne vois pas quel autre acteur aurait pu être à la fois un docteur aussi convaincant et un excentrique aussi crédible.
Pour autant, "House" n'est pas un one-man-show. Au-delà de son protagoniste éponyme, cette série est aussi une oeuvre chorale dénuée de la moindre fausse note. Ne cherchez pas un maillon faible dans le casting, il n'y en a pas! De Lisa Edelstein à Robert Sean Leonard en passant par Omar Epps, tout le monde est au diapason de Hugh Laurie, c'est-à-dire parfait.
Seul regret, donc: la relative brièveté de cette saison "amputée" de huit épisodes. On aurait aimé, à tout le moins, que le prix du coffret reflétât cette déperdition!