Après avoir lu (avec plus ou moins de bonheur) de nombreux livres sur le thème des vampires, bien à la mode aujourd'hui,
j'ai eu envie de relire ce livre que j'avais découvert avec plaisir il y a ... mettons bien longtemps!
Malgré quelques longueurs ponctuelles (liées au style, un peu désuet, mais qui, somme toute, donnent du relief au récit),
ce livre se lit facilement ; l'action se met en place très vite et ne faiblit jamais.
Pendant toute la première moitié du livre, l'angoisse monte, les signes d'activité vampirique se multiplient, évidents
pour le lecteur, mais pas pour les personnages, bien campés dans leur très moderne 19° siècle british.
Malgré leur scepticisme, celui de personnes à l'esprit clair et dénué de tendance à la superstition, les amis de J. Harker
se rendent à l'évidence: les vampires existent bel et bien!
L'équipe se dispose alors à traquer et à abattre le Comte Dracula, vampire puissant, brillant et maléfique, utilisant à la
fois les connaissances issues des très anciennes superstitions, jusqu'alors méprisées, la science (l'hypnose en particulier)
et le bon sens.
Ce sont les forts liens d'amour et d'amitié qui unissent les héros qui vont leur permettent de combattre le mal
(l'expression de ces sentiments est peut-être l'aspect du livre le plus démodé ; l'action l'est beaucoup moins).
Ce qui m'avait le plus frappé lors de mes premières lectures, et que j'ai de nouveau ressenti cette fois-ci,
c'est l'ambiance vraiment effrayante, bien qu'il y ait en définitive peu de descriptions "horribles". Beaucoup est suggéré,
avec une ambiance gothique à souhait (cimetières, chapes de brouillards dans des nuits glaciales, chauve-souris, meutes de loups
hurlants, masses de rats au yeux rouges...).
Le point le plus intéressant à noter est l'absence totale d'ambivalence du statut de vampire: celui est foncièrement et
inéluctablement mauvais. Il a conservé les aptitudes intellectuelles de sa version humaine, mais a perdu toute humanité,
son âme en un mot. Seule sa "mort"(avec pieu, tête tranchée et gousses d'ail à la clé!) lui permettront de retrouver la paix.
On est ainsi bien loin des convictions inscrites dans bien de nos romans actuels ("c'est trop bien d'être un vampire, beau,
fort et immortel...).
J'ai d'ailleurs noté que les meilleurs auteurs continuaient à insister sur la vraisemblable perte
d'humanité des vampires, et donc sur leur "damnation éternelle" (P.Briggs, K. Harrisson).